Mouss Didier : « Le FESCO était une grande opportunité pour les artistes de la région du nord »

La culture Burkinabè malgré les difficultés traversées connait de plus en plus une évolution. Au regard des efforts engagés par le ministère de la culture à travers l’organisation des activités permettant de promouvoir la culture et à récompenser les acteurs culturels à l’exemple des la nuit des trésors vivants, l’organisation des multiples festivals par des promoteurs privés, au regard de la qualité des œuvres produits et mis sur le marché international, on ne peut que s’en réjouir. Ce succès est à mettre à l’actif des acteurs de la culture (Animateurs, journalistes, promoteurs, culturels…) qui ne ménage aucun effort quant à la promotion des artistes.  Parlant de ses acteurs, nous avons rencontré l’un des journalistes, animateurs bien connu dans la région du nord.

Animateur radio, journaliste culturel, présentateur d’événements, producteur et manager d’artistes,  et responsable de l’agence de communication et événementiel (Mouss Production), Ouedraogo Moussa connu sous le Pseudonyme Mouss Didier se place aujourd’hui comme une référence dans la promotion de la culture au Burkina et dans la région du nord en particulier. Après avoir fait ses preuves dans les lycées et collèges de la région, notre confrère a été vite approché par une radio privée de Ouahigouya avec laquelle il enrichira son talent. Convaincu que ce métier pourra lui apporté beaucoup, il décidera de s’investir davantage en mettant en place une agence de communication et en se formant en métiers connexes.

AN: Qu’est-ce qui vous a motivé à embrasser ce métier de journalistes, animateurs culturel ?

Mouss : Depuis mon jeune âge, mon désir était de devenir journaliste. J’étais aussi passionné par la culture notamment la musique ; cette passion m’a amené à m’exercer dans l’art de la parole à travers les nuits culturelles et les kermesses organisées par les élèves dans les établissements. Au début ce n’était pas facile mais avec le temps j’ai appris à maitriser le micro. Quand j’ai fini mes études en 2007, j’ai été découvert par le public de la région du nord grâce à l’ancien Directeur de la radio, La voix du Paysan (une radio communautaire), monsieur Chérif coulibaly. Les personnes qui m’ont plus motivé à embrasser cette carrière sont les animateurs Adama sougouri, Tirouda M sectard, à travers leur émission radio.

AN : En tant que homme de culture quelle analyse portez-vous sur la culture au Burkina et en particulier dans la région du nord ?

Mouss : La culture étant l’essence de tout développement, notre devoir est de le promouvoir dans toute sa diversité. Le Burkina Faso à travers le SIAO, le FESPACO les NAC… se positionne aujourd’hui comme un pays de référence en culture et cela est à mettre à l’actif de ceux qui ont mouillé le maillot pour cela. De mon point de vue, notre culture connait une évolution significative. Nos artistes arrivent à exporter leurs œuvres et sont solliciter dans la sous-région. Sur le plan musical, nos artistes sont classés parmi les meilleurs artistes africains et notre cinéma est vendu partout dans le monde. S’agissant de la région du nord, nous saluons déjà les efforts consentis par les autorités communales mais beaucoup reste à faire ; nos artistes manquent d’accompagnement. Il faut des cadres de rencontre d’échange et de formation des artistes de la région. Beaucoup de talents naissent mais sont en manque d’accompagnement et pas d’opportunité pour faire valoir leur talent.

AN : Parlant d’opportunité, l’ancien maire de Ouahigouya Gilbert Noël Ouedraogo avait à l’époque initié le Festival Art et Culture de Ouahigouya (FESCO) qui en douze ans a pu réunir plusieurs artistes de la région. Que retiens-tu de ce festival ?

Mouss : Le Festival des Arts et de Culture de Ouahigouya (FESCO) était une grande opportunité pour les artistes de la région du nord. Ce festival a permis à plusieurs artistes de la région de faire valoir leur talent. Aujourd’hui, je pense que ce festival reste un des plus grands festivals qui a pu réunir plusieurs artistes du nord sur un même plateau. Nous souhaitons que le promoteur pense à l’avenir de la culture de la région. Certes, les moyens peuvent faire défaut mais je pense qu’avec la volonté nous pouvons tout faire. Aujourd’hui, c’est vrai que la politique divise les gens mais en aucun cas la politique ne doit diviser la culture autant plus que c’est la région du nord qui en bénéficie des retombés de ce festival. En tant que fils de la région, je souhaite que des mesures d’accompagnement soient mises à la disposition du promoteur afin que ce festival puisse revenir.

AN : Quelles sont vos ambitions pour la culture au Burkina Faso ?

Mon ambition, c’est de voir cette culture aller loin de nos frontières, que le monde parle de nous, de notre culture et je pense que nous y arriverons avec la volonté et le courage. En ce qui concerne ma contribution à cela, j’envisage mettre en place un studio d’enregistrement à Ouahigouya où tous les artistes de la région pourront en profiter. C’est aussi de créer un cadre de rencontre entre les différents promoteurs culturels, les artistes et les hommes de médias de la région du nord, et pour cela, j’ai initié la première édition des quarante-huit heures des hommes de la culture du nord qui a connu un succès et a d’ailleurs été salué à sa juste valeur par plusieurs personnalités de la région.

AN : Aujourd’hui, les animateurs sont accusés de ne pas jouer suffisamment la musique Burkinabè ou de ne pas respecter le quota de 40% de la musique Burkinabè. La plus récente est l’agression de l’animateur Hamed Kossa.

Mouss : Oui c’est avec regret que nous avons appris cette nouvelle. C’est vrai on peut accuser quelqu’un mais aller jusqu’à l’agresser alors qu’il était de service n’est pas de mon point de vu une bonne chose autant plus que cette radio à une administration. Pourquoi ne pas chercher à comprendre avec l’administration avant d’agir ? Je ne peux pas juger les autres mais à mon humble avis, je pense que ça soit vrai parce qu’on peut ne pas jouer la musique Burkinabè à une émission et se rattraper dans d’autres. J’ai plusieurs fois été félicité par des artistes Burkinabè et les auditeurs de ma radio surtout pour l’émission « Rakiiré ». Je reçois en studio pour une émission spéciale beaucoup d’artistes de passage à Ouahigouya, tout cela contribue à la promotion de la culture, la musique Burkinabè.

AN : Didier Mouss a-t-il été récompensé pour ses efforts en faveur de la culture ?

Mouss : Oui j’ai toujours été récompensé mais par le public et pour moi cette récompense me vaut plus que de toute récompense. Pendant et après chaque émission, beaucoup d’auditeurs m’appellent pour m’apprécier ou faire des critiques sur l’émission et ça me permet d’améliorer mon niveau. J’ai aussi reçu des attestations de reconnaissance et un trophée de meilleur animateur culturel de la région du nord organisé par des particuliers. De la part des autorités je suis toujours en attente et je pense peut-être que mon tour viendra un jour.

AN : Vous êtes aussi producteur, manager d’artistes, comment vivez-vous cette passion ?

Mouss : Avec ma petite expérience acquise dans la culture, j’arrive à accompagner beaucoup d’artistes dans la réalisation de leurs œuvres notamment les artistes musiciens. Au titre de ses artistes je peux vous citer quelques uns. Il s’agit de Zikiri Yayouss et Lagaré de Bobo Dioulasso, Dj Mooré très connu à Kongoussi, Azeta de Gourcy et Kas. Pour moi, ses métiers complémentaires parce que animateurs, sans artistes ne peux pas marcher, le contraire aussi donc j’essaye d’accompagner par ma manière ses artistes.

AN : Votre dernier mot

Mouss : Mon mot de fin, c’est de vous remercier pour la considération et l’intérêt que vous portez à ma modeste personne, vous remercier les efforts que vous abattez au profit de l’information pour tous, et pour tous ce que vous faites. Que Dieu bénisse la culture Burkinabè, que Dieu bénisse le Burkina Faso. Merci infiniment.

Propos recueillis par Sekou Ouedraogo

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