Désinfection de la Maternité du CHU-YO : la maternité de Yalgado en mode grand bain

Fermé depuis le 29 janvier 2018, le département de Gynéco-Obstétrique est en  plein toilettage. L’opération, qui mobilise une  centaine de personnes devrait permettre d’astiquer, de laver à grande eau tous les coins et recoins du département. Cette opération constitue également une occasion pour remettre en l’état, à défaut de neuf, le matériel de travail,  la plomberie et le circuit électrique.

Maternite-CHUYODésinfecter, pourquoi ? Pour la cheffe de département de la Gynéco-Obstétrique, Pr Blandine Thièba, la désinfection, en elle-même, est obligatoire dans un service clinique. « Nous sommes dans un milieu de soins et l’hygiène fait partie des règles auxquelles on ne peut déroger dans un tel cadre », rappelle-t-elle. Elle précise Pr Thièba explique que « l’opération de désinfection est indispensable pour assurer la pérennité dans l’offre de soins de bonne qualité et de permettre de travailler dans de bonnes conditions sécurisées aussi bien pour les praticiens que pour les patientes ». Sans opérations de désinfection menées de manière périodiques, les usagers peuvent s’exposer à de grands risques infectieux. Déjà, les statistiques du département, révèlent qu’en moyenne, vingt-cinq (25) césariennes sont réalisées par jour et plus de la moitié des post-opérées (mères et nouveau-nés) sont alités à même le sol et dans les couloirs.

A en croire Pr Thièba, difficile de s’attendre à mieux dans l’état actuel des choses.  Depuis deux ans, en effet, le département connaît une forte fréquentation des usagers et qui va croissant au fil du temps dû à avec l’instauration de la politique de gratuité de soins. Pour l’année 2017, ce sont 11 997 admissions qui ont été enregistrées dans le département. Les lits, matelas et tables d’accouchement, surutilisés, s’usent rapidement. C’est pourquoi, la « dame des dames » appelle à une répartition rationnelle des patientes. « Il faut permettre aux hôpitaux de même rang que Yalgado d’avoir de jouer un rôle d’égale importance », estime-t-elle. Elle explique aussi qu’il conviendrait que le matériel soit renouvelé. Tout en anticipant les remerciements, elle lance un appel à l’endroit des bonnes volontés sur les besoins pressants de son département. « Nous avons besoin d’ordinateurs pour informatiser le dossier médical, de containers pour l’archivage des dossiers, sans oublier l’extension des locaux qui sont devenus exigus », a-t-elle énumérée.

Désinfecter, oui, mais comment ?

Maternite-CHUYO-2Pour cette grande opération, le service d’hygiène déploie ce que son cheffe, Lucienne Sandwidi, qualifie des 4D : désencombrement, dératisation, désinsectisation, désinfection. Le premier consiste à enlèvement de tout le vieux matériel, les archives inutilisées afin de faire de la place. Elle se mène concomitamment avec la dératisation qui va consister à repérer les caches des rats et à les neutraliser, en dératisant dans les coins et recoins avec un produit approprié. La désinsectisation, elle se fait en deux temps. La première avec l’eau bouillante pour détruire les oothèques des cafards qui résistent au produit chimiques et la seconde avec les produits chimiques pour un plus large effet. La désinfection elle va consister en un premier bio nettoyage (nettoyage à grande eau suivi de désinfection avec un produit désinfectant à base d’hydroxyde) et en un second bio nettoyage qui, lui, n’intervient qu’après les travaux de maintenance et de peinture. Le bio nettoyage final se fera par voie aérienne à l’aide d’un atomiseur qui pulvérisera de la vapeur chaude.

« A la réouverture de la Maternité, les parturientes pourront découvrir un service sans cafards avec de bonnes odeurs agréables et une meilleure literie », se réjoui, la cheffe de service de l’hygiène hospitalière.  Ces marqueurs (odeurs fortes, cafards, …) sont, en effet, ceux qui ont conduit à conclure à une sur-infestation du département et par conséquent cette opération de désinfection. «  Les fortes odeurs, les cafards qui sortaient en plein jour, l’état de salissure avancé des murs, la propreté macroscopique des locaux, sont les indices qui ont alerté sur le besoin urgent de désinfection », rapporte Lucienne Sanwidi. Elle précise, « les cafards ont une particularité, ils ne sortent pas la journée. Quand ils sortent la journée, c’est que, dans leur cache, la surpopulation est telle qu’ils ne peuvent s’empêcher de sortir. Cela amène à conclure à une forte infestation ».

Pour garder les locaux propres aussi longtemps que possible, la responsable de l’hygiène hospitalière a lancé un cri de cœur aux respects des règles d’hygiène. Elle insiste surtout sur le fait « de ne pas garder la nourriture dans les salles d’hospitalisation ». Seule la patiente est autorisée à manger dans la salle d’hospitalisation. Après son repas, les restes et les plats sales doivent être débarrassés. Ce sont les restes des repas qui favorisent la prolifération des cafards ». « Les usagers doivent également faire un meilleur usage des toilettes », a-t-elle conseillée. La mauvaise utilisation des toilettes occasionnent très souvent des pannes causant des désagréments.

Cette situation fait que la plomberie constitue le plus gros du boulot des travaux de maintenance. A en croire le plombier, il s’agit pour eux de déboucher le circuit d’évacuation, les regards surtout, bouchés avec des objets qui normalement ne devraient pas être jetés dans les toilettes. Certains lavabos, des sanitaires et des tuyauteries défectueux seront également changés afin d’offrir certaines commodités dans le cadre des soins.

Service Communication du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo

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