Procès du putsch du 16 septembre 2015 : le Balai citoyen et la Coalition Ditanyè se prononcent

Procès du putsch du 16 septembre 2015 : le Balai Citoyen appelle à la manifestation de toute la vérité

Le 27 février 2018 s’ouvre dans la salle des banquets de Ouaga 2000 le procès du putsch manqué de septembre 2015. Après plus de deux (02) ans d’attente, le Tribunal militaire tient enfin ce procès qui était tant attendu par le Peuple burkinabè. Une longue attente qui apparaissait aux yeux des familles des victimes comme une éternité au regard des longs et interminables recours et procédures des accusés.

Les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé

Les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé

Pour le Balai Citoyen, la tenue de ce procès n’est pas seulement un événement historique. Il constitue incontestablement une autre victoire d’étape contre les forces rétrogrades et anti démocratiques qui n’ont rien ménagé pour empêcher purement et simplement la manifestation de la vérité. Notre mouvement espère que le procès en lui-même revêtira une charge historique capable d’honorer la mémoire et de rendre justice aux nombreuses victimes du putsch, aux familles des victimes et aux blessés qui trainent toujours des séquelles de cette forfaiture.

Le Balai Citoyen, qui a participé à la résistance contre le putsch en lançant le mot d’ordre de la résistance dès l’après-midi du 16 septembre 2015, se sent hautement concerné par ce procès. C’est pourquoi, il entend réaffirmer les aspirations de notre peuple à voir ce procès respecter les standards d’un procès équitable qui garantisse les droits de chaque partie et qui garantisse la lumière absolue sur les évènements.

Nous nous inclinons sur la mémoire des martyrs qui, du fait de la mort, ne pourront faire entendre leur cause, contrairement à d’autres, bien vivants, qui ont d’ores et déjà engagé une kyrielle de conseils et de procédures pour obtenir des droits et des privilèges rattachés à leur statut. Qu’à cela ne tienne, le Balai Citoyen souhaite que le procès se déroule dans la sérénité et que le droit soit dit dans toute sa rigueur.

Nous appelons les patriotes et les démocrates à user de leur droit afin de suivre ce procès délocalisé dans la salle des banquets de Ouaga 2000. Du reste, le Balai citoyen formule le vœu que les autorités judiciaires autorisent la retransmission en direct sur les antennes radios et télé de l’audience pour permettre à chaque Burkinabè de suivre et de vivre les débats partout où ils sont sur le territoire national.

Le peuple du Burkina Faso a fait le choix de la Démocratie et de l’État de droit. Avec courage et détermination, le pays est en train de faire son chemin dans ce processus qui a nécessairement besoin d’une veille permanente pour éviter de dévier de la trajectoire. C’est une option consciente et éclairée de notre nation et celle-ci ne laisse aucune place à aucun aventurisme d’où qu’il vienne.

Ouagadougou, le 26 février 2018.

Pour le Balai Citoyen,

La Coordination nationale

Notre nombre est notre force !

Ensemble, on n’est jamais seul !


Déclaration de la coalition Ditanyè sur le procès du putsch

Compatriotes, militants, sympathisants, frère et sœurs,

Deux années et demie plus tard, le procès sur le dossier du putsch de septembre 2015 est enfin annoncé pour se tenir le 27 février 2018. Comment ne pas se rappeler de cette résistance victorieuse au prix du courage et du sacrifice de la jeunesse insurgée pour définitivement empêcher ce coup d’Etat « bête », impopulaire, rétrograde dont le but était la restauration immédiate du régime Compaoré emporté par l’insurrection d’octobre 2014. Le peuple burkinabè et sa jeunesse remportèrent alors une victoire sur tous les maillons du système Compaoré, notamment sa composante militaire incarnée par général Diendéré, le RSP et une certaine hiérarchie militaire, sa composante politique, sa composante régionale et internationale incarnée par la CEDEAO et certaines chancelleries aux positions troubles. Cette résistance fut une belle expérience d’unité de forces politiques, civiles et militaires, et surtout l’occasion de renforcer l’esprit de l’insurrection populaire pour espérer à un vrai changement. La résistance victorieuse permit le maintien des institutions de la transition puis l’organisation des élections. Elle a surtout suscité un engouement populaire sur l’ensemble du pays et l’espoir de voir enfin résoudre les réelles attentes du peuple : le jugement des dossiers judiciaires emblématiques ; les dossiers Norbert Zongo, Sankara, Dabo Boukari, insurrection populaire, putsch de septembre. Mais, que nenni !

Le Général Gilbert Diendéré en tenue d'apparat

Le Général Gilbert Diendéré en tenue d’apparat

Après la grande victoire contre ce putsch de restauration, il n’y aurait plus d’obstacle ; les choses auraient pu évoluer rapidement vers la justice pour les martyrs et résistants tombés héroïquement. Mais, en observant attentivement le développement des évènements judiciaires  notre coalition fait remarquer ceci :

  • la lenteur du traitement du dossier due à une gestion saccadée des étapes de l’instruction, et diverses manœuvres comme la levée en 2016, de façon illégale, des deux juges civils qui seraient « indociles » à en croire le ministre de la Justice.
  • le refus de certains chefs de la hiérarchie militaire de répondre aux convocations de la justice ; certains d’entre eux (par exemple général ZAGRE, le colonel COULIBALY) ayant été gracieusement promus à de hautes fonctions avec immunité par le gouvernement actuel,
  • les cascades de libérations dites provisoires de maires pilleurs de parcelles, de putschistes, d’hommes d’affaires, de ministres et dirigeants politiques du régime déchu impliqués dans des détournements de deniers publiques, dont certains ont même été réélus sur des listes du parti au pouvoir.
  • la levée au forceps du mandat d’arrêt à la Cour de cassation révélée par la presse et les tentatives d’octroyer la liberté provisoire au général Djibril Bassolet vraisemblablement au cœur de l’opération du putsch de septembre 2015.
  • la mise en priorité d’une grande propagande sur le concept de la réconciliation nationale dans laquelle le ballet des acteurs civils et politiques tente de mener l’opinion publique plus vers un scénario plus subtile du pardon de type 30 mars 2001 organisé par Blaise Compaoré et ses alliés d’alors.
  • la déconstruction de l’esprit de l’insurrection populaire aussi bien dans la gouvernance que dans la gestion des questions judiciaires.

Autant de faits notables qui soulèvent des réelles incertitudes sur l’issue de ce procès du 27 février pour tous ceux qui ont résisté. Est-ce que justice sera-elle rendue aux victimes et au peuple ? Au vue de toutes les péripéties avant la programmation du jugement, il faut craindre que ce procès ne soit juste qu’une manœuvre pour juste faire bonne conscience qu’une réelle volonté de dire la vérité et de rendre justice aux martyrs et à la résistance des Burkinabè. En effet, les Burkinabè gardent en souvenir le procès d’août 2000 de l’affaire David Ouédraogo fixé après les grandes batailles du Collectif contre l’impunité. Dans une parfaite mise en scène, ce dossier avait été complètement émietté pour laisser échapper les principaux concernés notamment François Compaoré frère cadet de Blaise Compaoré.

Connaissant les expériences judiciaires rocambolesques au Burkina Faso, notre coalition précise qu’elle n’acceptera aucune parodie de procès ou un procès-entente ou quelle que manœuvre politicienne que ce soit. C’est pourquoi, elle réclame maintenant toute la vérité concernant les exécutants, les concepteurs et les complices du coup d’Etat de septembre 2015 ! Après ces années d’attentes, toute la lumière doit être faite et justice doit être rendue aux martyrs et victimes.

Par ailleurs, la coalition appelle le peuple burkinabè les amis du peuple burkinabè à suivre avec forte attention ce procès et à « veiller au grain » !

Camarades militants, sympathisants, frères et sœurs,

Le général Gilbert Diendéré

Le général Gilbert Diendéré

A mi-mandat du régime actuel, les comptes judiciaires restent très maigrichons si ce n’est pas simplement nuls. Pour preuve, c’est le seul procès qui pointe à l’horizon. Aucun des dossiers emblématiques, Norbert Zongo , Thomas sankara, Dabo boukari, etc. attendu par le peuple n’est jugé et on ne saurait à quel moment. De mêmes, les Burkinabè espéraient vivement la résolution des injustices d’accaparements fonciers, de parcelles, une justice fiscale et le jugement de gros dossiers de crimes économiques. Hélas! Faut-il espérer des autorités politiques et judiciaires pour rendre justice à notre peuple ?

De toute évidence, bien d’autres défis sont à relever et notre génération caractérisée par la combativité doit s’assumer.

Pour le rendez-vous du procès du 27 février , la coalition Ditanyè, dont le but est la sauvegarde et le renforcement des acquis de l’insurrection populaire, invite notre peuple à demeurer alerte, vigilant et mobilisé !

Vérité et justice pour les martyrs!

Nan lara, an sara !

La Coalition Ditanyè

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