Grève au ministère en charge de l’économie : le Collectif syndical CGT-B soutient les agents

Les agents du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement (MINEFID) sont en grève les 4 et 5 avril 2018 à l’appel de la coordination de leurs syndicats. Dans le message ci-dessous, le Collectif syndical CGT-B (Confédération générale du travail du Burkina) apporte son soutien à la Coordination des syndicats du ministère en charge de l’Économie et  des Finances (CS-MEF).

Une vue de responsables du Collectif syndical CGT-B

Une vue de responsables du Collectif syndical CGT-B

Camarades Secrétaires généraux des syndicats membres de la coordination des syndicats du MINEFID ;

Camarades membres des bureaux nationaux des syndicats membres de la coordination des syndicats du MINEFID ;

Camarades militantes et militants des syndicats membres de la coordination des syndicats du MINEFID,

Je prends la parole en ce premier jour de votre grève de quarante-huit (48) heures pour vous adresser le message de soutien du collectif syndical CGT-B. Je voudrais avant tout propos vous exprimer la solidarité agissante du collectif syndical CGT-B et vous encourager dans la juste lutte que vous avez engagée pour exiger la résolution de votre plateforme articulé autour des points que je cite : «

  1. le respect des engagements des autorités par la reconduction du check off au MINEFID unilatéralement suspendu ;
  2. la restauration de la dotation du carburant de fonctionnement aux agents, supprimée par Arrêté n°2017-541/MINEFID/CAB du 26 décembre 2017 ;
  3. la mise en œuvre intégrale de tous les accords conclus entre nos différentes organisations et le Gouvernement ;
  4. le relogement des travailleurs du MINEFID dans le bâtiment R+4 du MINEFID ;
  5. l’arrêt des réformes entreprises au sein du MINEFID sans l’adhésion des travailleurs ;
  6. la résiliation des contrats de vérification des importations avec les sociétés privées ;
  7. l’adoption de statuts sécurisants pour le personnel du MINEFID ».

Camarades secrétaires généraux ;

Camarades militantes et militants,

Nous avons suivi hier soir un communiqué du gouvernement relatif à votre grève.  En suivant ce communiqué, si on peut se réjouir du fait que le gouvernement ait engagé des discussions avec vos syndicats, on ne peut que s’indigner des menaces à peine voilées proférées par le gouvernement. En effet, après avoir indiqué qu’un préavis a été déposé et que les points de revendication contenus dans ledit préavis  ont fait l’objet de discussions qui se seraient bloquées sur deux des points de la plate-forme, il a indiqué que « les absences non justifiées seront sanctionnées conformément aux dispositions réglementaires ».

Une telle annonce constitue une grave atteinte à la liberté syndicale notamment au droit de grève reconnu dans notre loi fondamentale, de même que par les conventions  du BIT, ratifiées par notre pays.

Elle vient en contradiction flagrante avec le discours sur la disponibilité au dialogue social tant chanté par le gouvernement.

Le Collectif syndical CGT-B dénonce ce double langage et met en garde le gouvernement contre toute velléité de répression des travailleurs.

Camarades militantes et militants des syndicats membres de la coordination,

Nous observons que le gouvernement a orchestré une polémique à dessein sur la réforme du système de rémunération des agents publics de l’État et sur les fonds communs, en particulier ceux du MINEFID. Notre collectif, tout en vous rassurant de son soutien ferme, tient à souligner les positions suivantes sur  les sujets qui font actuellement couler beaucoup d’encre et de salive :

–    sur la question du dialogue social où le gouvernement veut faire comprendre à l’opinion que le mouvement syndical est radical, rappelons simplement que votre coordination  a écrit au Premier Ministre  depuis le 16 février 2016 par lettre numéro 2016-04/CS/MEF sans suite sur le dossier. Les centrales syndicales ont également interpelé la délégation gouvernementale le 05 juin 2016 sur les risques de dérapage dans la gestion dudit dossier. Il a fallu attendre  l’imminence de la grève pour tenter des négociations les 28, 29 et 30 mars 2018 sur la question soit plus de deux ans après la lettre adressée au Premier Ministre. La remise en cause de façon unilatérale  du check off par les Autorités du ministère qui n’a d’autre but que d’affaiblir vos organisations en les privant de ressources et en invoquant un décret que le gouvernement traîne à mettre en œuvre, est une preuve d’un manque de sincérité dans l’effectivité du dialogue social ;

–  sur la question de la réforme du système de rémunération des agents publics de l’État, nous pensons que les autorités ne visent qu’un objectif : diviser les travailleurs, les opposer aux autres couches sociales afin de pouvoir remettre en cause leurs acquis historiques. Pour nous, la question qui mérite aujourd’hui d’être posée, et qui doit faire l’objet d’une conférence nationale, est celle de la bonne gestion des ressources de l’État. Si le gouvernement veut trouver des solutions idoines aux maux qui plombent le développement du pays, il doit s’engager dans une réflexion globale sur la richesse nationale et sa gestion en incluant dans cette conférence nationale le règlement des questions sur la gestion des mines, du foncier, des « caisses noires », des fonds de souveraineté, des institutions budgétivores, des émoluments des autorités à tous les niveaux, du recouvrement des créances de l’Etat (cas des autorités qui doivent à la SONABEL, CARFO, CNSS et autres prêts) etc. Toute autre démarche relève de la diversion;

–         la question des fonds communs doit être abordée avec responsabilité et sérénité. Il n’est pas juste de les présenter comme l’entrave au développement du pays en ignorant les accords qui les ont mis en place et en n’engageant pas un débat franc sur la question, notamment avec les syndicats concernés. Du reste, comme l’a évoqué le journal L’ECONOMISTE DU FASO NUMERO 246 du lundi  02 au dimanche 08 avril 2018 à sa page 2, et 3ème colonne « C’est pour cela qu’il faut arrêter le lynchage des bénéficiaires des fonds communs comme s’ils les percevaient de façon indue».

Bassolma Bazié, secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B)

Bassolma Bazié, secrétaire général de la Confédération générale du travail du Burkina (CGT-B)

Notre collectif syndical CGT-B pense que les autorités sont actuellement mal inspirées de vouloir s’attaquer aux acquis des travailleurs du Burkina Faso en commençant par les fonds communs. Il invite l’ensemble des travailleurs et des populations à avoir une lecture sereine et profonde de l’attitude des Autorités quant aux velléités d’opposer les différentes couches sociales de notre pays.

Camarades secrétaires généraux ;

Camarades militantes et militants,

Le Collectif syndical CGT-B vous exhorte à rester mobilisés, unis et solidaires face aux tentatives engagées pour vous intimider et vous diviser.

Il appelle l’ensemble de ses militantes et militants sur toute l’étendue du territoire à soutenir la juste lutte de la coordination des syndicats du MINEFID ;

Vive le collectif CGT-B !

Vive la coordination des syndicats du MINEFID !

Vive la solidarité syndicale !

Je vous remercie de votre aimable attention !

Fait à Ouagadougou, le 04 avril 2018

Pour le bureau de la coordination nationale du collectif syndical CGT-B

Bassolma BAZIE, 

Porte-parole du collectif CGT-B

Secrétaire Général Confédéral de la CGT-B


Communiqué du gouvernement sur la grève des agents du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement

Suite au préavis de grève de la Coordination des syndicats du Ministère en charge de l’économie et des finances (CS-MEF), prévue pour les mercredi 4 et jeudi 5 avril 2018, le Gouvernement vient par le présent communiqué porter les informations ci-après à l’attention des agents du Ministère de l’économie, des finances et du développement (MINEFID), de ses usagers et de l’opinion publique.

Le nouveau gouvernement burkinabè formé le 31 janvier 2018 posant avec le Président du Faso

Le nouveau gouvernement burkinabè formé le 31 janvier 2018 posant avec le Président du Faso

Selon les termes du préavis de grève, les organisations membres de la CS-MEF “exigent :

  • le respect des engagements des autorités par la reconduction du check off au MINEFID unilatéralement suspendu,
  • la restauration de la dotation du carburant de fonctionnement aux agents, supprimée par arrêté n° 2017-541/MINEFID/CAB du 26 décembre 2017,
  • la mise en œuvre intégrale de tous les accords conclus entre nos différentes organisations syndicales et le Gouvernement,
  • le relogement des travailleurs du MINEFID dans le bâtiment R+4 du MINEFID,
  • l’arrêt des réformes entreprises au sein du MINEFID sans l’adhésion des travailleurs,
  • la résiliation des contrats de vérification des importations avec les sociétés privées,
  • l’adoption de statuts sécurisants pour tout le personnel du MINEFID.

Après le dépôt du préavis de grève, adressé à Son Excellence Monsieur le Président du Faso, le Gouvernement, fidèle à sa tradition de dialogue constructif, guidé par l’intérêt national, a instauré le dialogue avec la CS-MEF et au cours de concertations qui se sont déroulées les 28, 29 et 30 mars 2018, sous la conduite du Ministre de la fonction publique, du travail et de la protection sociale, des réponses précises ont été apportées à chacune des préoccupations faisant l’objet du préavis de grève.

Au regard des réponses apportées par le Gouvernement, il apparaît des points de convergence notables sur l’ensemble des préoccupations de la CS-MEF, en dehors du point sur les réformes qui seraient entreprises au sein du MINEFID sans l’adhésion des travailleurs et de celui sur l’adoption de statuts sécurisants pour tout le personnel du MINEFID.

C’est pourquoi le Gouvernement tient-il à indiquer qu’il reste disposé à la poursuite du dialogue et en appelle au sens de la responsabilité des partenaires sociaux du MINEFID, afin que de solutions satisfaisantes pour toutes les parties puissent aboutir.

En conséquence, il invite la CS-MEF à s’inscrire dans l’approfondissement des concertations propices à la satisfaction de ses préoccupations.

Le Gouvernement sait compter également sur le sens de la responsabilité des travailleurs du MINEFID qu’il appelle au travail les 4 et 5 avril 2018.

Le Gouvernement les rassure, autant que les usagers, que les dispositions sont prises pour assurer leur accès aux différentes administrations du MINEFID.

Il rappelle aux travailleurs du MINEFID que les absences non justifiées seront sanctionnées conformément aux dispositions réglementaires.

Le Gouvernement réaffirme son entière disponibilité au dialogue social dans le respect des lois de la République.

Le Ministre de la communication et des relations avec le Parlement, Porte-parole du gouvernement

Remis Fulgance DANDJINOU

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