L’ONU appelle à une ratification universelle de la Convention sur le génocide d’ici son 70e anniversaire

A l’occasion d’un débat de l’Assemblée générale des Nations Unies sur la responsabilité de protéger ce lundi (NDLR : 25 juin 2018), le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé à la ratification universelle de la Convention sur la prévention et la répression du génocide d’ici son 70ème anniversaire l’an prochain.

Antonio Guteres, secrétaire général de l'ONU

Antonio Guteres, secrétaire général de l’ONU

« Au jour d’aujourd’hui 45 Etats membres n’ont pas encore ratifié la Convention sur la prévention et la répression du crime de génocide. Dans un an, quand nous célébrerons le 70e anniversaire de la Convention, sa ratification universelle enverrait un signal de résolution bienvenu », a dit M. Guterres lors de débat, le premier organisé par l’Assemblée générale sur la question de la responsabilité de protéger depuis 2009.

De manière générale, le Secrétaire général a encouragé les Etats membres à ratifier et mettre en œuvre les instruments du droit international liés à la responsabilité de protéger.

Le chef de l’ONU a rappelé que la communauté internationale avait la responsabilité d’aider les Etats à l’accomplissement de cette tâche.

Et il a assuré que les Nations Unies continueraient d’aider les Etats membres, en particulier les Etats qui sont fragiles, à renforcer leurs institutions, défendre les droits de l’homme et renforcer la cohésion de la société.

António Guterres a toutefois tenu à dissiper les idées fausses et la méfiance concernant le concept de la responsabilité de protéger. « Ce concept ne crée pas un nouveau mécanisme d’intervention ou de coercition », a-t-il affirmé, ajoutant que la responsabilité première de la protection des personnes incombe aux États.

« Ce n’est que lorsque les moyens pacifiques sont insuffisants et que les autorités nationales ne protègent manifestement pas leurs populations que la responsabilité d’une action collective peut être engagée », a assuré le Secrétaire général devant les Etats membres.

Il a pris l’exemple de la République centrafricaine, où la communauté internationale a décidé d’agir alors que le pays était confronté à un risque élevé de génocide.

« Une commission d’enquête internationale établie par le Conseil de sécurité a conclu plus tard que l’action opportune de l’Union africaine, de l’opération de maintien de la paix des Nations Unies et des forces françaises de maintien de la paix au milieu de combats a empêché une explosion de violence encore plus grande », a souligné M. Guterres.

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miroslav Lajčák, a estimé pour sa part que la prévention était au coeur du concept de la responsabilité de protéger.

Il a rappelé toutefois que la prévention demandait beaucoup de travail. « Cela ne fait pas toujours la Une des journaux. Cela a souvent lieu dans les coulisses, sur une longue durée. Et cela demande un investissement réel, en termes de temps et d’argent », a-t-il noté.

« Mais cela en vaut la peine », a-t-il ajouté. « La prévention peut sauver les gens de l’expérience des atrocités. Et, de manière plus pragmatique, cela peut économiser de l’argent ».

Il a pris l’exemple du Rwanda, où un génocide a eu lieu en 1994. Selon une récente étude des Nations Unies et de la Banque mondiale, chaque dollar investi dans ce pays pour prévenir le retour de la violence a permis d’économiser 16 dollars au cours des deux dernières décennies.

 

Source : https://news.un.org/fr/story/2018/06/1017372

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E-mail : unic.ouagadougou@unic.org

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