Direction générale des Impôts : Déclaration liminaire du SNAID

 

DECLARATION LIMINAIRE

 Mesdames et Messieurs les journalistes,

 Merci pour votre disponibilité à répondre à notre invitation.

Je voudrais vous demander qu’on observe une minute de silence en hommage aux éléments des FDS burkinabè tombés sur le champ d’honneur le 16 décembre dernier à Nassoumbou. Je vous remercie.

Je tiens au nom de l’ensemble des travailleurs des impôts du Burkina Faso à présenter mes condoléances aux familles endeuillées et à l’ensemble du Peuple burkinabè, que les âmes des victimes reposent en paix. Par ma voix, les travailleurs des impôts réitèrent leurs soutien et encouragements à tous les éléments des Forces de défense et de sécurité, ces braves camarades travailleurs qui se battent au prix de leurs vies avec de faibles moyens pour la défense de notre pays.

Mesdames et messieurs les journalistes,

Les 21, 22 et 23 novembre 2016, les travailleurs des impôts du Burkina Faso étaient en grève. L’objectif de cette grève est « d’obtenir un examen diligent et franc de leurs justes et légitimes préoccupations résumées dans la plateforme minimale ». Cette grève est intervenue après une série d’actions que le SNAID a entreprise afin d’obtenir dans le dialogue la résolution de la Plateforme revendicative. Malheureusement, nos autorités de tutelle que sont le Directeur général des impôts et le Ministre de l’économie, des finances et du développement (MINEFID) ont brillé par leur refus et/ou incapacité de résoudre les justes et légitimes préoccupations des travailleurs des impôts. Que demandaient ces derniers ? Un bon dispositif fiscal et des meilleures conditions de vie et de travail pour pouvoir apporter leur contribution à la construction de l’édifice national.

Cette première grève, a connu un succès éclatant avec un taux de suivi de plus 96% malgré les diverses tentatives de démobilisation et de répression ! Elle s’est déroulée sans un incident imputable à un militant du SNAID. Elle a été soutenue par l’ensemble du mouvement démocratique de notre pays et surtout sa composante syndicale. Je saisis l’occasion pour saluer l’ensemble des militants du SNAID pour leur sens élevé de responsabilité et de discipline.

Mesdames et messieurs les journalistes,

Le succès de la grève a contraint nos autorités à réagir par des rencontres avec le SNAID et des propositions timides à la Plateforme minimale d’action. A l’analyse de ces propositions, les travailleurs des impôts sur tout le territoire national les ont jugées insuffisantes et invité le Gouvernement à se pencher sérieusement sur leurs préoccupations. C’est dans ce sens que le SNAID a adressé au Président du Faso un préavis de grève de cent vingt (120) heures allant du lundi 19 décembre 2016 à partir de zéro heure au vendredi 23 décembre 2016 à vingt-quatre (24) heures afin d’exiger des réponses idoines à leurs justes et légitimes préoccupations résumées dans la plateforme minimale d’action.

C’est en opérant les derniers réglages pour cette seconde grève que le SNAID a appris les horribles attaques terroristes contre un poste militaire à Nassoumbou. Elles auraient couté douze (12) morts dans les rangs de nos forces de défense et sécurité (FDS) selon les autorités. Des attaques qui ont jeté l’émoi et la tristesse sur le Peuple burkinabè une fois de plus endeuillé. Il s’agit d’une question de bon sens et d’humanisme que le Bureau national se devait d’intégrer dans son analyse de la situation d’avant-grève. C’est en ce sens qu’il a convoqué un conseil de direction d’urgence le dimanche 18 décembre 2016 afin d’échanger avec les délégués syndicaux sur la conduite à tenir. Le Conseil de direction a réuni cent cinq (105) délégués venus des quatre (04) coins du pays. Dans un premier temps, les participants au Conseil de direction ont procédé à une appréciation des quelques dernières propositions que le Gouvernement a faites en terme de résolution des problèmes résumés dans la Plateforme minimale d’action. Ils ont conclu que les propositions étaient largement en deçà de leurs attentes et en toute logique le mot d’ordre de grève était maintenu. Toutefois, après une analyse sans complaisance de la situation nationale marquée notamment par les attaques terroristes et la psychose au sein de la population notamment dans le sahel, les participants ont jugé plus que nécessaire de suspendre le mot d’ordre de grève des 19, 20, 21, 22 et 23 décembre 2016 afin de témoigner de la solidarité et de la compassion des travailleurs des impôts au Peuple burkinabè en général et particulièrement aux familles endeuillées. Ils ont mandaté le Bureau national du SNAID à :

  • adresser une lettre de suspension du préavis de grève au Président du Faso en lui signifiant le motif de suspension et en lui rappelant que les travailleurs des impôts attendent toujours la résolution idoine de leurs préoccupations ;
  • porter à la connaissance de l’opinion nationale le motif de la suspension du mot d’ordre de grève.

Mesdames et messieurs les journalistes,

Le SNAID dans sa déclaration du 10 octobre 2016 sur les nouvelles mesures fiscales de la Loi de finances rectificative n°2 de 2016 rappelait que l’argent existe bien dans ce pays et peut être mobilisé pour le bonheur du Peuple (les acteurs de la santé, éducation, sécurité…) à travers :

  • la lutte contre la fraude et l’évasion fiscales ;
  • la taxation des produits de luxe ;
  • la suppression des exonérations fiscales injustes de complaisance ;
  • l’arrêt du pillage de l’or  dans le secteur minier et de la fraude dans les secteurs des télécommunications, des banques etc. ;
  • la lutte contre la corruption et toutes les formes d’enrichissement illicite par l’instauration d’un impôt général sur le revenu, progressif et juste ;
  • l’expropriation de tous ceux qui ont spolié le peuple de ses biens durant les trente dernières années conformément aux rapports des structures de contrôle que sont le REN-LAC, l’ASCE-LC, la Cours des Comptes …

Ce sont les ressources intérieures que mobilisent les travailleurs des régies de recettes qui serviront aux remboursements des milliards de dettes que contractent nos autorités de jour en jour. Il n’est donc pas juste que ces braves travailleurs soient méprisés au détriment des foires internationales organisées dans les pays étrangers exploiteurs historiques de notre peuple.

Mesdames et messieurs les journalistes,

La décision de suspension du mot d’ordre de grève se comprend aisément au regard de l’orientation révolutionnaire de lutte de classes du SNAID qui veut simplement dire que le SNAID lie toujours sa lutte à celle du peuple burkinabè.

En somme, le SNAID informe qu’il suspend son mot d’ordre de grève de cent vingt heures (120) afin de se solidariser du Peuple burkinabè endeuillé. Par conséquent, les travailleurs des impôts reprennent service à partir de ce jour 19 décembre 2016. Cette suspension ne signifie point que les travailleurs des impôts sont satisfaits des propositions de solutions apportées à leurs préoccupations. En outre, le Syndicat insiste qu’il n’y a eu aucun accord avec le Gouvernement sur la Plateforme minimale d’action, objet de la grève. Les problèmes des travailleurs des impôts demeurent posés et attendent d’être résolus plus que jamais par le Gouvernement.

 

Je vous remercie pour attention.

Pour le Bureau national,

 

 

Nongo Grégoire TRAORE

Secrétaire général

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