Un premier ministre face à l’adversité de son mandat.

Nommé le 21 Janvier dernier en remplacement de Paul Kaba Thieba, Christophe Joseph Marie Dabiré était le lundi 18 février face aux 127 députés de l’Assemblée Nationale pour sa  Déclaration de Politique Générale qui a duré une heure d’horloge. Entre émotion personnelle et engagement politique en vue de sa lourde mission; Christophe Dabiré a déroulé sa  feuille de route, articulée sur cinq axes majeurs notamment le défis sécuritaire, l’exigence de pallier l’effritement de la cohésion sociale ; l’obligation d’instaurer une gouvernance plus vertueuse ; la nécessité de renforcer le développement du capital humain et la volonté de dynamiser l’économie nationale.

A l’entame de son allocution, il salue les acquis engrangés par le 1er ministre sortant, Paul Kaba Tiéba dans le redressement du PIB réel à environ 6%, au cours de ces trois dernières années entre d’une part, et d’autres parts, l’accès à l’eau potable, à l’éducation et aux soins de santé.
Urgence y est, le chef du gouvernement tire la sonnette d’alarme par le devoir de relever les défis sécuritaires dont le pays est confronté depuis 2016 ; des attaques contre les populations, les militaires et paramilitaires et contre les institutions et même au-delà.

Pour lui, l’on ne pourra venir à bout du terrorisme que par le rassemblement des burkinabè sous la bannière du drapeau national et étant unis en paraphrasant, le défunt Thomas Sankara pour qui «Un peuple uni, demeure plus fort que jamais». Pour ainsi dire que c’est dans l’union sacrée que les menaces du terrorisme seront minimisées.
Le 1er ministre Dabiré a fait appel également à une pensée de Zoseph Ki Zerbo, pour ainsi signifier qu’il faut se mettre debout face à la situation sécuritaire dégradante, sinon, dans la désunion et sans collaboration entre les fils et filles et entre institutions de la république ; il serait pénible pour nous, d’y venir à bout de cette hydre du mal. C’est alors que son gouvernement propose trois options afin de contrer la menace par l’équipement, la formation et l’encouragement des militaires à être mieux opérationnel sur le terrain en fonction d’une loi de programmation militaire durant le quinquennat 2019-2023. A cela s’ajoute, la coopération sous régionale et la coordination de nos forces armées nationales avec le G5 sahel.

Par ailleurs, les menaces tentent à saper la cohésion sociale avec pour corollaire, les évènements effroyables à caractère communautaires. Ces menaces interpellent les burkinabè à mettre en avant le sursaut patriotique et la tolérance. Le chef du gouvernement prend ses dispositions de permettre à la justice de mieux élucider ces questions afin que le calme puisse revenir avec l’accompagnement des chefs coutumiers et religieux. Christophe Dabiré  salue leur engagement à apaiser la situation quand bien même  ces leaders d’opinions, coutumiers et religieux doivent travailler davantage à prévenir dorénavant de telles situations malheureuses.

Le deuxième axe porte sur la redynamisation de l’économie nationale, où il invite à la modernisation des institutions de l’Etat pour un rendement de qualité et à l’ardeur au travail. Sur cet axe il invite tous les burkinabè à travailler ensembles afin de redonner à notre chère patrie, son lustre d’antan pour atteindre l’émergence économique.
Pour le devéloppement du capital humain, constituant le troisième axe de sa feuille de route, le chef du gouvernement exprime sa volonté de poursuivre le PNDES dans la considération juste et équitable en termes de traitement en matière de santé des citoyens afin que cela soit une réalité; l’accès à la santé par l’amélioration convenable en équipements techniques et dans les meilleures conditions du personnel de santé. Dans la même veine, il y a l’accroissement de l’éducation de base et surtout et la qualité qui y sied et les enseignements supérieurs qu’il faut toujours accompagner avec les outils adéquats pour la recherche scientifique.

L’autre aspect de son engagement, porte sur l’accès à l’eau potable, dont il faut continuer dans l’efficacité allant dans le sens favorisant la construction de forages et la réalisation d’ouvrages d’adduction d’eau potable accessibles à tous.

Sa vision prend en compte, les initiatives des jeunes et des femmes à l’instar de l’insertion des jeunes aux emplois et aux financements ainsi que la promotion entrepreneuriale des femmes. Et cela se fait par l’accompagnement de son gouvernement.

Et toute la rigueur pour la maitrise de l’inflation et garantir la viabilité des finances publiques. Il en de même que le domaine des transports et aérien est ratissé par la vision du premier ministre qui compte rendre le Burkina Faso compétitif pour un meilleur rendement dans son tissu économique et social.
Les domaines de l’agriculture, de l’hydraulique, des mines et de l’artisanat subiront des réajustements structurels dans l’accroissement de la rentabilité pour le pays au profit des populations.
Il tient tout aussi, à poursuivre les projets tels que la construction de l’autoroute Ouagadougou-Abidjan ; la réhabilitation de la voie ferrée Abidjan- Ouagadougou et son extension à Dori et à Tambao et enfin la réalisation du chemin de fer Ouagadougou-Téma sont des objectifs à atteindre.

De la sécurité nationale à la modernisation des infrastructures socio-économiques ; le premier ministre Dabiré, a encore une fois, interpelé la conscience collective des Burkinabé à faire bloc commun afin de bouter les menaces qui freinent notre développement et à lui soutenir dans la mission qui lui est confiée. Enfin, il paraphrase un éminent socio-démocrate, Michel Rocard, « Il n’est pas venu pour gouverner une moitié du Burkina au détriment d’une autre moitié » mais plutôt, la réussite de la bonne gouvernance et la cohésion de l’ensemble du pays constitue son sacerdoce.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *