Sécurisation de l’Est : Les résultats d’une victoire sur les terroristes

Le 34e Régiment d’Inter-armes a infligé une cuisante défaite aux terroristes qui semaient la terreur dans la région de l’Est. La forêt de Kabonga qui leur servait de base a été pilonnée et prise d’assaut grâce à une opération combinée alliant forces aériennes, spéciales et terrestres les 19 et 20 février derniers. Le bilan fait état de 29 terroristes abattus, d’engins à deux roues détruits et d’un important lot d’armes et de munitions saisi. Les journalistes ont été conduits dans l’antre du centre de coordination pour constater les prises de guerre. C’était dans la matinée du 24 février 2019.

Très tôt en cette matinée dominicale, des journalistes convergent vers un lieu de rendez-vous auparavant secrètement communiqué. Après un débriefing, le cortège de 2 véhicules met les voiles. Il est escorté par deux pick -up de l’unité spéciale d’intervention de la police nationale avec des hommes armes au poings. Il est six heures passées. Le voyage se passe sans encombre, les kilomètres sont avalés en toute vitesse, grâce à une voie dégagée par les éclaireurs.

Aux environs de 10h, le cortège bifurque à droite, à la sortie sud de la ville de Fada-N’Gourma. Dans cette forêt dense, le chant des oiseaux contraste avec le dispositif visible et embusqué. Les hommes en armes sont en faction. C’est la destination des voyageurs du dimanche, le 34e Régiment Inter-armes. Le véhicule du colonel, chef de mission, est fouillé. Quelques instants après, une voix retentit à côté du car des journalistes : “Débarquez !” L’on ne se fait se pas prier. Les identités sont passées au crible et c’est à pieds que les visiteurs entrent dans la vaste enceinte.

L’eau de bienvenue est donnée, sous un tamarinier. Les forces refaites, le maitre des lieux prévient : « La mission va aller très vite ». La consigne martelée à souhait depuis Ouagadougou est rappelée. Aucune image dans le camp. Le capitaine ajoute la principale consigne : le matériel opérationnel ne doit ni être filmé, ni être commenté, en plus, il souhaite que les visages et les identités de ses hommes autour de lui ne soient pas dévoilés, “pour des raisons de sécurité évidente”. Nous sommes bien au 34e Régiment Inter-armes, zone de déploiement initial des troupes pour la sécurisation de la région de l’Est et celle du Centre-Est. Après ces préalables, le chef de mission lance, : « Allons sur l’objet de notre visite ».

Récit d’une opération menée avec minutie

Sur un terrain de sports de main, du matériel entreposé. Des Kalachnikovs, une 12,7mm, une trentaine de caissettes de munitions, une grosse caisse également remplie de munitions, des munitions plus grosses déposées sur une bâche, des gilets pare-balles, des casques, des jumelles, 7 carcasses d’engins à deux roues , une grosse marmite trouée, une bouteille de gaz…Ce butin que les services spécialisés de l’armée se chargeront de faire parler a été convoyé en ces lieux, la veille, explique le chef du bureau des opérations qui s’empresse de préciser que c’est juste une partie du matériel qui a été envoyée. Les opérations de nettoyage de la zone sont toujours en cours.

Selon le directeur de la communication et des relations publiques des armées, tout est parti le 19 février 2019, avec l’attaque et le pillage d’une pharmacie à Kompienbiga. Les auteurs sont des éléments terroristes qui se retirent dans un marché. Leurs mouvements sont discrètement suivis par les Forces de défense et de sécurité. La réaction est sanglante dans le camp des ennemis. 6 terroristes sont tués.

Après cette étape, les forces conjuguées mettent le cap sur la forêt de Kabonga, réputée être le refuge des terroristes. C’est de là qu’ils sortaient pour commettre des exactions sur les populations civiles et attaquer les forces de défense et de sécurité depuis plusieurs mois. Une surveillance aérienne de la zone est engagée. Ensuite, des frappes aériennes “très précises” sont menées.

Au sol, les forces spéciales et terrestres prennent d’assaut les positions ennemies, dans la forêt dense. Cette opération combinée exécutée par les forces aériennes, spéciales et terrestres a permis de « neutraliser » 23 terroristes. Un important lot de matériels est saisi et des vivres sont détruits. Depuis, la forêt fait l’objet d’un ratissage de fond en comble. Aussi, le campement présidentiel qui était envahi par les terroristes est désormais sous le contrôle des forces armées nationales. Elles « ont pris pied dans le campement et continuent de le sécuriser (…) Nous pouvons vous dire que d’ici peu, la sécurisation de ce campement sera effective », rassure le communicateur principal de l’armée.

Une précision qui vaut son pesant d’or. L’opération a été menée de bout en bout par les forces armées nationales. « C’est très clair », rappelle-t-on ici. Les multiples questions des journalistes n’auront pas plus de réponses. « Je ne peux pas dire plus », s’échine à répéter le directeur de la communication et des relations publiques des armées qui, de temps en temps, recadre l’armurier qui s’engageait dans une description du type d’armes saisies, ou du chef du bureau des opérations. « La mission est toujours en cours, on ne peut pas vous en dire plus pour le moment », réplique-t-il face aux assauts de questions. L’ennemi s’alimente des informations, ajoute le directeur.

Finalement, c’est dans une bonne ambiance que les visiteurs et les maitres des lieux partagent un verre sous un autre arbre avant de prendre congés. « Beaucoup de courage à vous et que Dieu vous protège », lancent certains visiteurs curieux avant l’embarquement. Cette fois, les reporters ont vu les résultats et les ’’boys’’ engagés sur le périlleux champ de sécurisation de cette partie du territoire. Cap sur Ouagadougou. Précisément à 17h, le car stationne à son lieu de départ. Mission accomplie !

Source : lefaso.net

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