CDP : Kadré et Badini démissionnent

Au lendemain des actes d’exclusion et de suspension des 27 cadres et “militants de base” du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), Kadré Désiré Ouédraogo, jusque-là membre du Bureau politique national de ce parti, a rendu sa démission dès les premières heures de ce lundi, 23 septembre 2019.

Ancien Premier ministre, ancien président de la Commission de la CEDEAO, Kadré Désiré Ouédraogo avait maille à partir avec la direction politique nationale dirigée par Eddie Komboïgo, depuis qu’il a déclaré sa candidature en février 2019 à Bobo-Dioulasso pour la présidentielle de 2020. Dès lors, des brouilles se sont installées entre lui, soutenu, entre autres, par l’ancien maire de Bobo-Dioulasso, Salia Sanou ; le député Rasmané Daniel Sawadogo et Léonce Koné, tous exclus du parti ce dimanche, 22 septembre 2019 et la direction politique de son parti.

Le 7 septembre 2019, un parti politique dénommé Mouvement Agir ensemble est porté sur les fonts baptismaux, avec pour principale annonce : soutien à la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo.

Après Kadré Désiré Ouédraogo, c’est autour de l’ancien ministre de la justice (années 2007), Boureima Badini, de quitter le navire. Celui-ci avait écopé d’une suspension de 12 mois par le congrès extraordinaire de dimanche, 22 septembre 2019.

“Badini (Boureima) aussi a déposé sa démission, juste après celle de Kadré Désiré Ouédraogo”, informe une source de la direction politique nationale du CDP.
Représentant spécial du président Blaise Compaoré dans la crise ivoirienne (dans les années 2009), Boureima Badini s’est lancé dans les affaires en Côte d’Ivoire, depuis la fin de cette mission.

Le clash entre lui et Eddie Komboïgo est parti du congrès de mai 2018. A cette instance qui était également appelée à renouveler la direction politique nationale (le Bureau exécutif national), Boureima Badini s’était porté candidat pour diriger le CDP. Face donc à Eddie Komboïgo, candidat à sa propre succession, les concertations n’ont pas abouti à un consensus. Les deux candidats sont soumis à un vote. Dans cette épreuve, Eddie Komboïgo sort victorieux avec 39 voix contre 33 pour Boureima Badini.

Ce résultat des urnes ne mettent pas fin, pour autant, à l’opposition entre ces deux désormais “ex-camarades”. Quelques temps après, l’on assiste à la création sur les réseaux sociaux d’un G33 (groupe des 33, référence au nombre de votants de Boureima Badini). Ce groupe va se “transformer” en “mouvement politique” pour appeler à la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo pour la présidentielle de 2020.

Le samedi, 16 février 2019, dans la capitale économique burkinabè, Kadré Désiré Ouédraogo accepte et déclare publiquement sa candidature, en présence de Boureima Badini, le député Rasmané Daniel Sawadogo, Léonce Koné, etc. Le camp Eddie Komboïgo qualifie cela d’acte d’indiscipline, contraire aux textes et mœurs du parti. Depuis cette date, Kadré Désiré Ouédraogo et ses partisans parcourent les localités du pays pour expliquer le bien-fondé de cette candidature. Ce qui a visiblement rendues inconciliables les positions.

Sans aucun doute d’autres noms viendront s’ajouter à cette liste suite aux sanctions prises par le Congrès extraordinaire du dimanche 22 septembre.

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