Christophe Dabiré : « A partir du 1er janvier 2020, l’IUTS sera instauré sur les indemnités» des fonctionnaires

La 3e session ordinaire de l’année du bureau politique national (BPN) du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) s’est tenue ce samedi 28 septembre 2019 à Ouagadougou. L’ordre du jour a porté sur la situation nationale, la vie du parti et les tâches urgentes. A cette occasion le premier ministre a fait la photographie de la situation nationale.

A l’occasion de la 3e session ordinaire 2019 du bureau politique national du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) le Premier ministre, Christophe Dabiré, a présenté la situation nationale. Il s’est prononcé sur le plan sécuritaire.

« On n’a plus besoin de vous dire que la situation est extrêmement difficile pour le gouvernement à l’heure actuelle. Nous constatons depuis un certain temps une recrudescence des attaques contre nos forces de défense et de sécurité (FDS) ou contre les populations civiles de notre territoire. Bien évidemment, la tendance quand on voit sur les réseaux sociaux dire que nos FDS ne sont pas à même d’apporter une réponse adéquate aux préoccupations des populations dans la lutte contre cette guerre que nous pouvons appelée asymétrique.

Alors qu’en réalité, je peux vous assurer que le gouvernement suit de près cela. Le travail du gouvernement, c’est de réorganiser l’ensemble des FDS, de leur donner les moyens nécessaires pour qu’ils puissent aujourd’hui s’affirmer sur le terrain.

Contrairement à ce qui ce dit sur les réseaux sociaux, les enfants se battent effectivement. Ils se battent mais, ils n’ont pas la compétence nécessaire contre (…) ces djihadistes. Ils  viennent avec un certain nombre de moyens qu’ils ont acquis à l’extérieur avec l’appui de certaines puissances pour affronter une armée qui aujourd’hui est en voie de réaffectation. Malheureusement, quand on est en guerre, il y a des batailles qu’on gagne et il y a des batailles qu’on perd », a indiqué Christophe Dabiré.

Concernant l’attaque de Koutougou, le Premier ministre, a fait savoir que 24 soldats sont tombés mais également des assaillants ont été abattus.

Le chef du gouvernement a donné son avis sur la rupture du dialogue avec le monde syndical.

La 3e session ordinaire de l’année du bureau politique national (BPN) du Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP)
La 3e session ordinaire de l’année du bureau politique national (BPN) du MPP

« On accuse le gouvernement peut-être d’avoir rompu le dialogue. Mais ce n’est pas nous qui avons rompu le dialogue avec les organisations syndicales. Ce sont les organisations syndicales qui ont rompu le dialogue avec le gouvernement. En disant que le gouvernement n’a pas fait ceci, n’a pas fait cela, etc. Je pense que pour dialoguer, il faut être deux. Aujourd’hui les dispositions qui sont prises nous allons les ré-convoquer pour une rencontre autour de la table sur les différentes questions qui préoccupent le monde syndical aujourd’hui.

Mais ce que nous disons, c’est que nous allons rester fermes par rapport à un certain nombre de principes. La construction d’un Etat de droit ne veut pas dire que chacun fait ce qu’il veut, dit ce qu’il veut et obliger les gens à suivre ce qu’il veut.

Nous allons dire aux organisations syndicales que nous sommes prêts à accepter un certain nombre de revendications. Notre rôle en tant que gouvernement est d’apurer le passif dont nous avons hérité des autres gouvernements qui nous ont procédés. Mais, au-delà de ça, ce que nous n’accepterons pas, et je dis de façon ferme, pas de nouvelles revendications qui vont mettre en genou l’Etat. Il faut que ça soit très clair », a-t-il déclaré.

« J’ai donné des instructions au ministre en charge de la fonction publique pour que l’on remette le processus de remise à plat des rémunérations et des indemnités que l’on avait amorcé. Il n’est pas concevable aujourd’hui, que dans ce pays, les indemnités pour certains vont dépasser voire 3, 4, 5 fois la rémunération de base de certains fonctionnaires. Je trouve que ce n’est pas normal », a déploré le chef de l’exécutif.

« A partir du 1er janvier 2020, l’IUTS sera instauré sur les indemnités et sur les primes que les fonctionnaires perçoivent », a-t-il révélé aux militants du MPP.

A l’écouter, le secteur privé paye l’IUTS et les travailleurs du public payeront également cet impôt.

« Les syndicats nous ont présenté un package qui concernait à la fois l’organisation d’une grève, au niveau de la fonction publique, assortie d’un meeting et d’une marche. Nous avons dit que ce package doit respecter les principes de la loi. A partir du moment où un des aspects ne respecte pas la loi, tout ce qui est concerné par le package est considéré comme illégal. Et c’est la raison pour laquelle nous avons dit que votre marche et votre meeting est illégal parce qu’assortis d’une grève qui concerne les fonctionnaires. Au cours de l’application de la grève, vous devriez respecter les 15 jours francs. Nous leur avons dit de ne pas marcher. Ils ont marché et nous avons pris nos responsabilités », a expliqué Christophe Dabiré.

Jules César KABORE

Burkina 24

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