Projet de loi sur les libertés religieuses : La FAIB obtient le retrait du dit projet

Le gouvernement burkinabè a accédé lundi à la requête de la Fédération des associations islamiques du Burkina (FAIB) qui a demandé samedi,  «le retrait du projet de loi sur les libertés religieuses en vue d’une large concertation qui aboutira à des propositions consensuelles».

Le gouvernement burkinabè a demandé «dès la conférence des Présidents de l’Assemblée Nationale, le retrait du projet de loi sur les libertés religieuses de l’ordre du jour de la session extraordinaire (ouverte lundi), afin d’approfondir les concertations avec tous les acteurs concernés conduisant à un projet de loi consensuel gage de paix et de stabilité sociale», indique lundi un communiqué du service d’information du Burkina.

Le communiqué fait suite à une rencontre le même jour du ministre d’Etat chargé de l’Administration territoriale Simon Compaoré, avec une délégation de la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB).

A l’ouverture hier lundi de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale, son président Salifou Diallo a confirmé que ce projet n’est pas à l’ordre du jour.

«Nous avons à cœur de construire un Burkina de coexistence pacifique, et à aucun moment un projet de loi ne va remettre en cause cette quiétude», a assuré le ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou.

En rappel, la FAIB a rendu public samedi un communiqué invitant l’autorité à retirer le projet de loi sur les libertés religieuses en vue d’une large concertation qui aboutira à des propositions consensuelles.

«Les ulémas de la ummah islamique du Burkina, après avoir examiné article par article, le projet de loi, ont émis des inquiétudes profondes sur certaines dispositions du texte. De toute évidence, l’application en l’état du projet de loi, va réduire la liberté de conscience et de culte telle que reconnue par notre Constitution, avec très probablement des conséquences dommageables sur le vivre ensemble apprécié de tous au Burkina Faso», lit-on dans le communiqué.

La Fédération a demandé des précisions sur le contenu de dix articles dont les interprétations pourraient entrainer «des abus au détriment de certains citoyens».

Ce sont entre autres,  l’article 8 qui stipule que  «L’exercice collectif du culte a lieu exclusivement, sauf autorisation expresse de l’autorité compétente, dans des édifices destinés à l’exercice du culte public, et identifiables de l’extérieur».

L’article 13 : «L’érection des édifices destinés à l’exercice du culte est interdite dans les services publics à l’exception des formations sanitaires, des établissements pénitentiaires et des casernes».

L’article 14 : «L’ouverture d’un édifice destiné à l’exercice du culte est soumise à l’obtention préalable d’un certificat de conformité délivré par le maire après avis des services techniques compétents et d’une autorisation d’ouverture délivrée par le Haut-Commissaire territorialement compétent».

L’article 33 : «Le fait pour un agent public de manifester de façon ostentatoire ses convictions religieuses dans l’exercice de ses fonctions constitue un manquement à ses obligations».

Le Burkina Faso a une solide réputation de coexistence pacifique entre les différentes religions à telle enseigne, qu’au sein de la quasi-totalité des familles, on retrouve à la fois des musulmans (majoritaires), des chrétiens et des adeptes des religions traditionnelles.

Mais en septembre 2016, l’International Crisis Group dans un rapport, a indiqué que «ce solide modèle de coexistence pacifique» était en danger du fait notamment,  de l’influence de plus en plus accrue d’un islam rigoriste «importé» des pays du Golfe et de «certaines frustrations chez les musulmans liées au décalage entre leur poids démographique et leur faible représentativité dans l’élite dirigeante».

AIB

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