Insécurité: la FAIB et les autres communautés ensemble pour la paix à Bobo Dioulasso

Insécurité au Burkina : « Ne nous trompons pas d’adversaire », invite la fédération des associations islamiques

Pour la paix et la cohésion sociale au Burkina Faso, la Fédération des Associations Islamiques du Burkina Faso (FAIB) a organisé le samedi 25 janvier 2020 au Stade Sangoulé Lamizana de Bobo-Dioulasso, une cérémonie de prière placée sous le thème « Rôle et responsabilité des leaders religieux et coutumiers pour la cohésion sociale dans un contexte de défis sécuritaires ». Les communautés chrétienne et coutumière, le gouvernement et des représentants maliens ont joint leur voix à cette cause.

Le samedi 25 janvier 2020 restera sans doute gravé dans les mémoires des Bobolais. En effet, la Fédération des Associations Islamiques du Burkina Faso (FAIB) a organisé à cette date une grande cérémonie de prière et de bénédiction pour la paix et la cohésion sociale au Burkina Faso qui a drainé du monde au stade Sangoulé Lamizana.

Avec pour thème ‘’Rôle et responsabilité des leaders religieux et coutumiers pour la cohésion sociale dans un contexte de défis sécuritaires’’, cette cérémonie placée sous le patronage de Hadja Fatoumata Sanou/Ouattara, ministre du Développement de l’Economie Numérique et des Postes a pour objectif de contribuer à l’instauration et au développement d’une culture de dialogue permanent, direct et inclusif avec les leaders religieux et coutumiers…

Il vise par ailleurs à permettre aux leaders religieux et coutumiers d’échanger sur leurs attentes, suggestions et de formuler des recommandations pour la paix et la cohésion nationale, susciter des prises de résolutions par la population en vue de sa participation à la construction d’un Burkina de cohésion, s’accorder sur des mesures fortes de promotion des initiatives de cohésion sociale…

Et pour donner l’exemple de cette paix et cohésion sociale, les communautés catholiques, protestantes et coutumières étaient présentes aux côtés de leurs frères musulmans à l’occasion de cette grande cérémonie de prière et de bénédiction pour la paix et la cohésion sociale au Burkina Faso.

Spécialement venu du Mali pour la circonstance, le Guide religieux Cheick Sherif Madane Haidara, président de la Fédération des Associations Islamiques du Mali, a remis séance tenante aux autorités burkinabé, la somme de 5 millions dont 3 millions pour les FDS et 2 pour les déplacés.

Selon la Fédération des Associations Islamiques du Burkina (FAIB), par la voix de leur président Aboubacar Yougo, le repli identitaire et communautaire, la montée de l’extrémisme sont des conséquences directes et réelles de l’intolérance et il est urgent de développer des espaces d’échanges et d’interconnaissances, de construire des liens forts entre les différentes composantes sociales de notre société, autour de projets communs, citoyens et de devenir ainsi de vrais acteurs du changement. Pour cela, la réalité la plus intéressante et la plus efficace au sujet de la cohésion sociale est celle de l’engagement de la FAIB à travers une unité d’action avec toutes les autres communautés.

                                                                                  Aboubacar Yougo, Président de la FAIB

Par ailleurs, l’ambition de vivre ensemble étant perturbée depuis quelque temps au Burkina avec les attaques terroristes, les conflits communautaires, les assassinats ciblés, les attaques d’édifices religieux musulmans et chrétiens, la FAIB dit ceci : « Ne nous trompons pas d’adversaire : l’objectif des terroristes est de saper les fondements de notre pays, de nous transformer en ennemis, de lui faire faire des bonds en arrière, le déstructurer et le maintenir en lambeaux. Les actes terroristes n’épargnent personne, des leaders religieux de tous bords aux personnes civiles et militaires. Aussi devons-nous être vigilants pour éviter de tomber dans les divisions ethnicistes et religieuses. C’est pourquoi il est impératif de cultiver sans cesse le vivre ensemble et la cohésion sociale, socles indispensables pour le devenir de notre pays. Ce vivre ensemble appelle à faire de la foi un facteur de paix, de progrès et de cohésion sociale et être un citoyen utile aux autres ».

Pour la ministre du Développement de l’Economie Numérique et des Postes, Hadja Fatoumata Sanou/Ouattara, cette cérémonie a été d’une grande réussite au vu de la mobilisation qui traduit l’engagement de tous pour la paix et la cohésion sociale au Burkina Faso. Cela prouve également que l’appel du président du Faso aux ministres de militer dans les différentes régions pour demander l’implication des fils et filles des différentes administrations dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent a été entendu car elle ne pourrait se gagner uniquement par les FDS.

                                                 Hadja Fatoumata Sanou Ouattara ministre du Développement de l’Economie Numérique et des Postes

Quant à l’initiative de cette cérémonie, elle la place sous la force de la foi car, dit-elle, « nous sommes des croyants et nous savons que lorsque nous demandons quelque chose à Dieu il l’exauce. Et le fait de se mettre tous ensemble dans un seul lieu quelle que soit notre religion, communier et demander à Dieu d’accorder la paix et la cohésion sociale, Dieu l’exaucera. Je prie également en cette nouvelle année que Dieu accorde la prospérité, la santé, qu’il y ait un véritable développement économique et social dans notre pays, qu’il bénisse le Burkina Faso et ceux de la sous-région. Comme l’a dit le Cheick Sherif Haidara, nous sommes un seul peuple et toutes les religions se valent ».

                                                  Cheick Sherif Madane Haidara, président de la Fédération des Associations Islamiques du Mali

Pour l’Évêque de Bobo-Dioulasso, Monseigneur Paul Ouédraogo, la paix exige une vraie conversion des mentalités, et est donc un processus lent, de patience pleine d’espérance à travers laquelle nous poursuivons une fraternité réelle basée sur notre commune origine qui se cultive dans le dialogue et la confiance réciproque. Pour cela, il demande aux Burkinabé d’accepter d’être ensemble, de se parler, de s’asseoir ensemble, de dialoguer, de fraterniser, de se donner la main parce que le problème de la paix concerne tout le monde et c’est dans la paix, la solidarité et la vigilance de tous que cette bataille pour la paix sera gagnée.

                                                                       Monseigneur Paul Ouédraogo Évêque de Bobo-Dioulasso

Quant au ministre d’Etat, de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion Sociale, Siméon Sawadogo, il a salué l’engagement de la FAIB, les communautés chrétiennes, coutumières et autre personnalités présentes pour la cause du Burkina à savoir la paix et la cohésion sociale et de ce fait reste convaincu qu’avec l’ensemble des prières invoquées en ce jour, Dieu exaucera ces vœux. Il a également remercié Le Cheick Sherif Madane Haidara, pour sa solidarité.

                       Siméon Sawadogo ministre d’Etat, de l’Administration Territoriale, de la Décentralisation et de la Cohésion Sociale

A l’issue de la cérémonie, les différentes autorités coutumières et religieuses ainsi que des membres du gouvernement ont allumé des bougies pour raviver cette flamme d’espoir pour la paix.

Haoua Touré

Source: Lefaso.net

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