La 29e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) a refermé ses portes le 1er mars dernier. Le fait marquant, comme à chaque rendez-vous de cette fête du cinéma africain, est la remise de l’Etalon d’or de Yennenga au meilleur long métrage fiction. Cette année, le cinéma burkinabè a pu se hisser au sommet du 7e art africain en remportant le prestigieux trophée avec le film « Katanga, la danse des scorpions » de Dani Kouyaté.
C’est donc fini pour le 29e FESPACO dont les portes avaient été ouvertes le 22 février dernier sur le thème « Cinémas d’Afrique et identités culturelles ». C’est une édition qui marquera les Burkinabè avec le sacre de Dani Kouyaté du Burkina qui a remporté l’Etalon d’or de Yennenga, le plus prestigieux trophée, avec son film long métrage « Katanga, la danse des scorpions ». Enfin, serait-on tenté de dire !
L’attente a été longue avant de voir un film burkinabè remporter le Saint Graal. La dernière fois que cela est arrivé remonte à 1997 lors de la 15e édition du FESPACO avec Gaston Kaboré qui a remporté cette année l’Etalon d’or de Yennenga avec son film « Buud Yam ». Avant lui, c’est le regretté Idrissa Ouédraogo dit Maestro qui, la première fois, a placé le cinéma burkinabè sur un piédestal avec l’Etalon d’or remporté en 1991 avec son film « Tilaï ».
Entre le premier et le deuxième trophées d’or, il a fallu attendre (juste) 6 ans. Mais entre ce dernier et le tout dernier Étalon d’or, l’attente a été (trop) longue : 28 longs hivernages. Durant tout ce temps, la dernière marche du podium du sacre a toujours été haute pour les réalisateurs burkinabè. Conséquence : le trophée le plus convoité prenait toujours la direction de l’étranger. Le Burkina organisait la fête du cinéma africain pour que les réalisateurs d’autres pays viennent chevaucher l’Etalon doré.
En 2023, le trophée, que tous les Burkinabè espéraient et voyaient même à portée de main, a filé entre les doigts du Burkina. Apolline Traoré n’a pas pu gravir la dernière marche du podium avec son film sur le terrorisme « Sira ». C’est d’ailleurs la thématique du film, qui était bien d’actualité, qui avait fait beaucoup rêver et espérer. Mais, apparemment, il ne suffit pas de réaliser un film sur un fait d’actualité pour espérer taper dans l’œil du jury du précieux trophée. Il y a d’autres critères qui entrent en ligne de compte et que le public ignore. D’où sa déception de voir un film adulé ne pas remporter le trophée tant convoité. Et c’est ce qui s’est passé en 2023 avec Apolline Traoré et son film.
A cette 29e édition, on s’est retrouvé une fois de plus dans la même situation avec le film « Katanga, la danse des scorpions » de Dani Kouyaté. Son long métrage, inspiré de l’oeuvre « Macbeth » de Shakespear, a été adulé pendant le festival. Sa thématique, les intrigues autour du pouvoir, a drainé du monde et fait salle comble à chaque projection du film. « Sira » de Apolline Traoré a aussi connu le même succès populaire. Et les Burkinabè – et sans doute d’autres festivaliers tombés sous le charme du film de Dani Kouyaté – se sont mis encore à croire à un possible sacre. Mais ils avaient toujours le souvenir amer de 2023, craignant que l’histoire ne se répète à nouveau. Fort heureusement, ce ne fut pas le cas.
L’Etalon d’or de Yennenga n’a pas fui la capitale du cinéma africain. Il s’est laissé séduire par un cinéaste du pays hôte du festival. Dani Kouyaté a donc été sacré avec son film qui a fait parler de lui tout au long de cette fête du 7e art. Cette fois, la dernière marche du podium n’a pas été haute. Enfin, le cinéma burkinabè s’est hissé sur le toit de l’Afrique ! La persévérance et le travail bien fait ont fini par payer.