L’audit international du fichier électoral du Burkina Faso a produit ses résultats. Au cours de cet exercice, les 22 experts électoraux ont noté des forces et des faiblesses.

Au titre des forces, on peut citer la révision exceptionnelle organisée par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui a permis à 2 377 601 personnes de s’enrôler.

La CENI a également garanti l’unicité de chaque électeur, en procédant à un important dédoublonnage des enrôlements multiples, avec 1 425 725 enregistrements identifiés et supprimés, sur la totalité de la base de données de 2012 à 2020.

L’audit indique que ces opérations ont permis de garantir le caractère inclusif du fichier électoral burkinabè, qui atteint aujourd’hui 6 490 926 électeurs.

L’audit a révélé que la CENI a fait preuve de transparence et de professionnalisme tout au long des opérations de révision et d’audit du fichier électoral, renforçant ainsi la confiance des parties prenantes.

Au niveau des faiblesses, il y a que le cadre juridique burkinabè ne permet pas à la CENI de constituer son fichier électoral au travers de révisions annuelles et exceptionnelles, sans pouvoir à ce jour travailler sur des listes permanentes, notamment en s’appuyant sur un état civil efficient et sur un système d’identification unique.

Ensuite, Structurellement dépendante de la publication de décrets qui n’abordent pas l’entièreté d’un cycle électoral, la CENI doit organiser, in fine, l’enrôlement dans un délai très court, ce qui engendre des chevauchements d’activités.

En outre, la nature du système de révision entraîne deux faiblesses majeures : l’accumulation non maîtrisée des électeurs décédés, estimés dans le fichier électoral entre 280 000 et 320 000 personnes, et l’empilement de données désuètes issues des révisions de 2012, 2014 et 2015.

Enfin, le taux d’enrôlement, situé autour de 63,2% de la population cible, est particulièrement marqué par une sous-représentativité chronique des jeunes et des femmes, depuis 2014.

Malgré tout, ces remarques n’entachent pas la qualité du fichier électoral. La majorité présidentielle et l’opposition politique ont pris acte des résultats.

source: Lefaso.net

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