La 15è édition des Journées Nationales de Refus de la Corruption (JNRC) du Réseau National de Lutte anti-corruption (REN-LAC) se tient sous le thème « transparence et redevabilité dans la gestion des ressources minières au Burkina Faso ». Débutées le 1er décembre 2020 à Ouagadougou, les JNRC se poursuivent jusqu’au 10 décembre 2020.

A l’occasion de la 15è édition des JNRC, le REN-LAC à invité le 9 décembre 2020 la chambre des mines et les sociétés civiles à un panel sur la gestion des ressources minières au Burkina Faso. L’or étant le premier produit d’exportation du pays depuis 2009, sa contribution reste faible dans l’économie nationale. Dans un souci de transparence dans l’exploitation de ces ressources, les panelistes ont discuté sur plusieurs sujets dont la contribution de l’or dans l’économie du pays.

En effet, le code minier a mis en place quatre (4) fonds pour le développement des communes locales. Il s’agit du fond minier de développement local, le fond de réhabilitation des sites miniers, le fond du soutien à la formation des géologues et de la recherche et le fond qui lutte contre les produits prohibés.

« Le défis aujourd’hui, c’est l’utilisation de ces fonds au niveau des communes minières en mettant en place des projets structurants à même d’amener ces communes à se développer », a mentionné le Directeur exécutif de la chambre des mines Toussaint Bamouni. A ce niveau le maire de Houndé Dissan Boureima Gnoumou a affirmé que la commune de Houndé a reçu du gouvernement, de 2017 à 2019 une somme de plus de 2 149 900 000 F CFA.

Toutefois, il souligne l’impact négatif de l’industrie minière dans la commune. En l’entendre, l’exploitation artisanale pourrait être plus bénéfique à la population que l’exploitation industrielle.

Dissan Boureima Gnoumou, maire de la commune de Houndé

« L’industrie minière telle qu’organisée, rapporte plus à l’Etat et aux collectivités qu’à la commune minière ». Il ajoute que la population n’a pas les moyens pour fréquenter les infrastructures publiques que construisent les collectivités.

En plus de cela, l’exploitation industrielle demande un grand espace et crée des emplois restreins, ce qui cause des conflits fonciers et le chômage.

« Le dernier projet minier à Houndé avait besoin de 1100 hectares de terre pour être réaliser. Ce sont des terres fertiles qui sont récupérées pour l’exploitation. Cela est énorme pour une commune qui est hautement agricole », a -t-il laissé entendre.

En outre, la valeur ajoutée créée par le secteur minier est faible au Burkina Faso. Le Directeur exécutif de l’Institut Free Afrik Ra-Sablga Seydou Ouédraogo a dit que l’Etat n’est actionnaire dans les sociétés minières, qu’à 10%. « L’Etat à travers ses représentants a été capturé de deux manières ; la capture matérielle, financière, la capture idéologique et culturelle ».

Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo, directeur de Free- Afrik

pour pallier à ces problèmes, M. Ouédraogo a proposé trois facteurs qui permettent de maximiser les bénéfices du secteur minier. Ce sont : la propriété capitaliste en amont et en aval, la stratégique d’industrialisation et la gouvernance du secteur industriel.

Il a aussi souligné l’importance de la croissance économique d’un pays. « Si un pays a un taux de croissance de 1% par an, il aura besoin de 70 ans pour que sa revenue par tête tourne », a-t-il conclut.

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