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LETTRE OUVERTE À SON EXCELLENCE MONSIEUR EMMANUEL MACRON, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

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Excellence Monsieur le Président,

L’écrivain aviateur Français Antoine de Saint Exupéry disait que :’’être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semble pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire qui ne semble pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est savoir, en posant sa pierre, que l’on contribué à bâtir le monde.’’

Excellence monsieur le Président, l’affirmation de cet écrivain existentialiste, d’un pragmatisme et d’un humanisme rarement égalé traduit toute la responsabilité que chaque être humain a par rapport à ses semblables.

Excellence, pour ce qui vous concerne, l’histoire vous donne l’occasion de marquer d’une pierre blanche l’histoire de votre pays, la France. En effet, depuis le temps de l’esclavage jusqu’à l’heure des indépendances en passant par l’ère de la colonisation, la politique de votre pays a consisté à spolier l’Afrique Francophone de tous ses biens jusqu’à ses bras valides, ses ressources humaines. Pour y parvenir, il a instauré un système de gouvernance de ses colonies et plus tard de ses ex colonies basé sur un marché de dupes matérialisé par les accords du 26 décembre 1959. Lesdits accords ne laissent aucune chance aux pays d’Afrique qui voulaient prendre leur indépendance, de se développer. Les dirigeants africains de l’époque les ont tout de même ratifiés, puisque c’était la condition sine qu’à none d’obtenir l’indépendance. La célèbre phrase du guinéen Ahmed Sékou Touré ‘’ Nous préférons l’indépendance dans la pauvreté à l’opulence Dans l’esclavage’’ en disait long sur leur détermination à l’autodétermination.

Excellence Monsieur le Président,

Vos ex colonies traînent depuis lors ces accords comme des boulets qui retiennent un prisonnier dans les fers. Et depuis lors, la France n’a eu de cesse de consolider sa politique africaine par une ingérence possessive dans la politique intérieure de ses ex colonies. Dans la foulée l’Afrique francophone a perdu de nombreux vaillants combattants de la liberté. Au Burkina Faso, la perte du Capitaine Président Thomas Sankara reste un pan sombre des relations franco africaines qui n’honorent pas la France, ce pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Monsieur le Président, vous étés vous jamais posé la question de savoir pourquoi en Afrique, ce sont vos ex colonies qui sont les plus pauvres et les plus instables ? Cette question me ramène à la citation d’Antoine de Saint Exupéry :

Tout d’abord, ce wali dit qu’être homme, c’est précisément être responsable.’’ La question que je vous pose monsieur le Président est celle de savoir si l’on peut dire que la France, le Président, le peuple français en l’occurrence peut se dire ‘’homme’’ alors que leurs ex colonies sont les pays les plus pauvres du monde ?

Ensuite, il affirme que ‘’c’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semble pas dépendre de soi.’’Ma question est, excellence, ‘’la France peut-elle se dire homme, elle qui confisqué depuis les années 1950 au trésor français toutes les devises monétaires de ses ex colonies durement acquises par leur labeur pendant que leurs populations croulent sous le poids de la misère, de la faim, de l’insécurité et de la dette extérieure ?

En outre, Saint Exupéry poursuit son affirmation en rappelant qu’être homme, ‘’c’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée.’’ Monsieur le Président, pourquoi donc n’êtes vous pas fier de la marche actuelle du peuple malien tout comme vos prédécesseurs ont désavoués la marché révolutionnaire du peuple Burkinabé d’août 1983 ?

Pour conclure, l’écrivain Aviateur dit dans son ouvrage qu’être homme, ‘’C’est savoir en posant sa pierre, que l’on contribué à bâtir le monde.’’ Monsieur Macron, la France, ‘’terre des hommes’’, contribue-elle t’aiment à bâtir le monde au regard de son rôle politique dans l’instabilité du monde en général, et du continent africain en particulier ?

Excellence Monsieur le Président,

L’artiste musicien ivoirien disait dans l’une de ses chansons que ‘’Tout change, tout évolue, seuls les imbéciles ne changent pas.’’ Le monde évolue et avec cette évolution un changement de mentalité au sein des peuples d’Afrique. Il est temps pour la France, qui accuse l’Afrique de n’être pas suffisamment rentrée dans l’histoire, d’entrer elle-même dans l’histoire et ce, par la grande porte. La France a une chance historique, voire un de voir histoire de mettre un terme à ces accords historiques qui sont désastreux pour ses ex colonies. Elle a une chance, un devoir historiques de restituer à ses à ses ex colonies leur argent qu’elle confisqué depuis des décennies. Si elle ne le fait pas de gré, elle le fera de force parce que les ex colonies ont le devoir de remettre en cause lesdits accords et de se faire restituer leur dû. Au besoin, elles se constitueront en partie pour vous interpeller devant la Cour Pénale Internationale pour crime contre l’humanité car, tout comme l’apartheid, ces accords et cette confiscation ne sont rien d’autre qu’un crime contre l’humanité. Et nous aurons avec nous, cela une certitude, l’opinion internationale, en l’occurrence française avec nous. Seul un insensé continue de croire en ce 21 même siècle que desdits accords sont légaux et qu’il est légal de continuer à garder nos devises durement acquis par notre travail dans vos coffres.

Vos ex colonies ont besoin de vous aujourd’hui plus que jamais pour désamorcer une bombe aux effets nucléaires dont le compte à rebours a été enclenchée depuis que toute la bande sahélo-saharienne est en proie à une violence terroriste rarement enregistrée dans l’histoire du terrorisme.

Qu’allez-vous faire monsieur le Président ? Continuer à être le malheureux conservateur d’un honteux héritage ? Où s’affirmer comme le digne arrière petit-fils de gaulois, des arrières grands parents dignes qui détestaient l’occupation romaine et prenaient en dérision la barbarie des soldats romains ?

Emmanuel : ‘’Dieu est avec nous !’’, disent les saintes écritures. ‘’Nous’’ c’est qui ? Ce sont tous les peuples épris de liberté, d’égalité et de fraternité dont font parties vos ex colonies qui ne vous demandent rien d’autres que de faire de cette devise une réalité aussi bien pour leurs peuples que pour le peuple français. Si vous doutez encore de votre noble mission, permettez-moi, monsieur le Président, de vous rappeler cette autre parole des Saintes écritures : ‘’Dieu ne choisit pas les hommes forts, Il rend forts ceux qu’Il choisit.’’ Vos ex colonies ne sont plus une chasse gardée. Certains comme le Rwanda ont quitté la Francophonie. Depuis, ils ont quitté aussi la zone des relégables. D’autres comme le Gabon sont en bonne voie. Et comme l’affirmait Lamennais, ‘’aucune violence ne saurait hâter d’une seconde la croissance d’un brin d’herbe, encore moins ne peut-elle hâter la croissance d’une société.’’ Gagnez le cœur des hommes par la qualité de vos actions au lieu de gagner leur haine par la sournoiserie de vos relations avec eux car, comme disent les sages chez nous, celui qui se trouve dans sa cachette voit celui qui cherche.’’ Les peuples de vos ex colonies sont loin d’être dupes, la conscience populaire bouillonne dans toutes vos ex colonies.

Excellence, Saint Exupéry disait encore que ‘’le jour où nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors nous serons heureux.’’ Le bonheur réside dans l’action, et surtout dans l’action qui rend les autres heureux. C’est en tout cas ce que pensent la grande majorité des fondateurs de la philosophie morale française. Monsieur le Président, si ce que votre système éducatif exporté dans vos ex colonies est vraiment digne de confiance, prouvez-nous que vous croyez vous-mêmes en ce que vous voulez nous faire croire. Il est temps de sortir vos ex colonies du joug dans lequel vos prédécesseurs, depuis le Général De Gaulle les a maintenues. Il est temps de les laisser penser et agir leur développement avec leur argent que vous leur aurez remis, pas comme à Tiaroye où nos parents et grands-parents avaient été payés en monnaie de singe au titre des services rendus à la ‘’nation-mère’’. En rappel, beaucoup y sont restés dans une fausse commune.

Monsieur le Président, malgré tous les problèmes dans lesquels vos ex colonies patinent, elles continuent pour beaucoup de croire en une issue heureuse dans leurs relations avec. Pour ma part, je suis d’avis avec Albert Camus qui disait que :’’J’ai toujours pensé que si l’homme qui espère dans la condition humaine est un fou, celui qui désespère des évènements est un lâche.’’ Cette conviction guide mes actions quotidiennes et partant, ma décision de vous écrire cette missive.

Dans l’espoir que vous lirez cet écrit et que vous vous y appesentirez dans le fond beaucoup plus que dans sa forme, je vous prie d’agréer, Excellence monsieur le Président, l’expression de ma plus haute considération.

Ouagadougou, le 17 juillet 2021

Badini Salifou, Assistant en Gestion des Ressources Humaines

Diplômé d’Études Supérieures Spécialisées en Management

BURKINA FASO

AFRIQUE DE L’OUEST

 

 

 

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