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Opinion: “Je pense que le doyen Ahmed Newton Barry fait clairement fausse route! “

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Suite à la récente publication de Newton Ahmed Barry qui a créé la polémique sur les réseaux sociaux et qui a été diversement appréciée par les différents acteurs mis en cause, Danouma Ismaël Traoré a démontré sur sa page Facebook, avec des preuves à l’appui , certaines affirmations de NAB qui  ressemblent à des contre-vérités. Lisez plutôt ! 

” Je pense que le doyen Ahmed Newton Barry fait clairement fausse route lorsqu’il estime que ” le MBDHP ne s’était plus prononcé ouvertement sur les tueries des peulh depuis son rapport très circonstancié de Kaïn ”. Peut-être qu’il ne suit pas les activités du MBDHP ou veut entendre autre chose que ce que le MBDHP dit et fait. Déjà il faut savoir que le MBDHP défend les droits humains sans distinction ethnique. Ensuite, les victimes du terrorisme ne sont pas que des peuls. Toutes les communautés en sont victimes. Je ne crois pas qu’il existe un complot des autres communautés contre des peuls. Il s’agit d’actes de certains criminels habillés en tenue de FDS ou de VDP qu’il faut condamner.

Lorsque le MBDHP prend position sur un cas de violation de droits humains il ne le fait pas parce qu’il a en face des peulh, des mossé, des dioula, des samo, des gourounsi, des bissa, des gourmantché etc. Non. C’est indépendamment de leur appartenance ethnique, régionale, leurs convictions philosophiques, politiques, etc.

Sur le fait que la communauté peule est souvent malheureusement victime d’exactions sous le prétexte de la lutte contre le terrorisme cela est connu par tous. Les contrôles au faciès, les enlèvements, les exécutions sommaires et extrajudiciaires, etc. c’est connu.

Mais le MBDHP reste-t-il vraiment insensible face à ces situations ? Pour le peu que je connais du mouvement j’ai la conviction que NON. Déjà c’est totalement infondé de dire que depuis Kain il n’y a plus eu de prise de position contre ces cas d’exactions qui ont visé la communauté peule. D’ailleurs après le rapport sur Kain, le MBDHP ne s’est pas limité là. Il a poursuivi, malgré la levée de bouclier et même les menaces de mort contre ses responsables, à défendre son rapport un peu partout dans la presse, sur les plateaux de télé et à la radio.

Après Kain, on a eu :

✓ Barga ( https://faso7.com/2020/03/15/burkina-barga-le-mbdhp-se-prononce/) ;

✓ Barsalogho (https://infowakat.net/arrestations-et-executions-extrajudiciaires-dans-la-commune-de-barsalogho-le-mbdhp-reagit/) ;

✓ Tanwalbougou ( https://actuburkina.net/dossier-tanwalbougou-le-mbdhp-gourma-appelle-les-autorites-politiques-a-prendre-conscience-de-lextreme-gravite-des-derives-en-cours/) ;

✓ la mort suspect d’Issouf Diallo dans les locaux de la Brigade de gendarmerie de Nongr-Massom https://lefaso.net/spip.php?article96673 ;

✓ et les commémorations de l’anniversaire du drame de Yirgou. Le trio MBDHP, CISC et ODJ ont même mené plusieurs actions ensemble pour dénoncer la stigmatisation des communautés, les exécutions sommaires et extrajudiciaires, les assassinats ciblés et de masse, etc. http://news.aouaga.com/h/125506.html ; https://www.wakatsera.com/burkina-trois-organisations-de-la-societe-civile-denoncent-des-assassinats-de-masse-cibles/

Peut-être aussi que Newton Ahmed Barry ne connaît pas les moyens d’action des organisations de défense de droits humains. Sinon le MBDHP fait à la fois la promotion, la protection et la défense des droits humains. A ce titre il mène des actions de sensibilisation à l’endroit des populations, d’interpellations à l’endroit des autorités, dénonce et appelle à se mobiliser s’il y a lieu.

Par ailleurs, toute personne qui milite correctement dans une organisation combative, doit savoir que les moyens d’actions sont fonction du contexte. Il y a des plaintes qu’on peut recevoir sans forcément produire une déclaration ou tenir une conférence de presse. Plusieurs autres actions sont possibles. Il y a des audiences qui peuvent se tenir avec des responsables administratifs d’une localité autour de plaintes liées aux droits humains, il y a la justice qui peut être saisie avec l’accompagnement du mouvement, etc. Des actions se mènent en faveur des droits humains sans grands bruits forcément. Certaines actions sont préferables ainsi.

Si le MBDHP doit publier une déclaration ou tenir une conférence de presse pour tenir informée l’opinion sur tous les cas de violation de droits humains pour lequel il est saisi croyez moi le MBDHP publiera peut être 5 déclarations par jour et des conférences de presse.

Du reste, chaque année le mouvement publie son rapport sur l’état des droits humains au Burkina. Il faudra lire ses rapports publiés ces dernières années.

L’autre point sur lequel je ne saurais être d’accord avec NAB c’est sur le fait que les Koglweogo et autres groupes d’autodéfense auraient selon lui pour pire ennemi les peuls. Non. S’il y a des bavures il faut sanctionner, qui que ce soit. L’armée elle-même commet des bavures et nous les dénonçons. Des Koglweogo, VDP font un excellent boulot et nous encourageons. Ceux qui ont fait Yirgou, et Nouna sont des criminels qu’il faut traquer. Point.

En rappel, Thomas Sankara, Dabo Boukary, Norbert Zongo, Guillaume Sessouma, les martyrs de l’insurrection populaire et du putsch de septembre 2015, Kain, Banh, Tanwalbougou, etc sont des ” hauts faits ” de nos FDS qu’on dit bien formés en droits humains. Mais on n’a pas encore vu des appels à la dissolution de l’armée, de la gendarmerie ou de la police.

Dénonçons les bavures et autres exactions d’où qu’elles viennent, mais il ne sert à rien de vouloir jeter le bébé avec l’eau du bain. Ce sera contreproductif dans ce contexte où l’Etat a complètement démissionné de sa mission régalienne d’assurer la sécurité des personnes et leurs biens, mais aussi de l’incapacité des Forces de Défense et de Sécurité.

Ces initiatives populaires comme Koglweogo sont des preuves que les populations peuvent s’organiser par elles-mêmes pour s’auto-défendre. Il y a des précédents dans notre pays avec les résistances (Cas de la guerre du Bani-Volta). De mon point de vue, il est plutôt question pour les organisations de droits humains et les intellectuels de se mettre à leurs côtés pour les éclairer sur les pièges qui pourraient miner le vivre ensemble et détruire les bases de la construction d’une société de type nouveau débarrassée de relents de repli identitaire. Là le MBDHP en plus de dénoncer les bavures et exactions, travaille à sensibiliser au quotidien des FDS et des groupes d’autodéfense sur les questions de droits de l’homme. C’est sa compréhension juste de son rôle de défenseur des droits de l’homme qui l’amène à développer des initiatives pour apporter sa contribution à la construction d’un mouvement d’unité populaire pour le changement.

Je n’ose pas imaginer notre pays actuellement sans ces groupes d’autodéfense. Bien sûr, éliminons la vermine de leurs rangs.

Bon vendredi !

#DIT  “

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