Accueil A LA UNE Présidentielle ivoirienne de 2025 : Laurent Gbagbo contre vents et marées

Présidentielle ivoirienne de 2025 : Laurent Gbagbo contre vents et marées

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Pour les baobabs de la politique ivoirienne, il n’y a pas de retraite qui vaille. La preuve vient d’être donnée, le 10 mai dernier, par Laurent Gbagbo qui s’est fait investir comme candidat à l’élection présidentielle de 2025 lors d’une convention de son parti, le Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI).

Henri Konan Bédié rêvait toujours d’un nouveau destin national avant que la mort ne l’emporte, le 1er août 2023, à l’âge de 89 ans. On se demande si Alassane Ouattara va faire l’exception en se retirant après son 3e mandat malgré les appels de pied de ses partisans pour qu’il se représente en 2025. En attendant de connaître ses intentions, Laurent Gbagbo, 78 ans, est sorti du bois. Mais c’est contre vents et marées car sa candidature pose problème cette fois.

Il s’agit, en effet de son inéligibilité suite à sa condamnation à 20 ans de prison pour le casse de l’agence de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) lors de la crise ivoirienne. Certes, il a été gracié par Alassane Ouattara à son retour au pays en 2021 après avoir été acquitté par la Cour pénale internationale (CPI). Mais cela n’efface pas les effets de la condamnation. Son casier judiciaire serait redevenu vierge s’il avait bénéficié d’une amnistie.

Laurent Gbagbo candidat, malgré sa situation judiciaire 

Apparemment, Laurent Gbagbo n’en a cure. Déjà, lors des élections locales et sénatoriales de septembre 2023, il avait tout fait pour figurer sur la liste électorale. Ce fut peine perdue. Cela ne l’a pas découragé et il revient à nouveau à la charge en prenant une longueur d’avance pour la présidentielle sans que son problème d’inéligibilité ne soit résolu. Tout se passe comme si l’ancien président ivoirien veut forcer la main à l’actuel occupant du fauteuil présidentiel.

En dehors de l’aspect juridique, la candidature de Laurent Gbagbo tue toute ambition des lieutenants qui lui sont restés fidèles. Un cacique comme Justin Katinan Koné, par exemple, aurait bien pu être le porte-flambeau du parti à cette compétition électorale. Mais lui et d’autres devront encore attendre que leur leader décide de prendre sa retraite. Ou aller voir ailleurs en créant, leur propre parti. C’est à se demander si l’enfant de Mama réalise le danger qu’il fait courir à son parti qui, pour rappel, n’a pas fait une bonne moisson lors des locales et des sénatoriales de 2023.

L’abandon de l’historique parti, le FPI (Front populaire ivoirien), au profit du PPA-CI n’a pas été du tout bénéfique. Pas plus que le retour en fanfare au pays, après être sorti des griffes de la CPI, qui devait consacrer la renaissance de Gbagbo. Est-ce la débâcle électorale qui a finalement amené l’ancien président ivoirien à ne pas prendre sa retraite ? C’est possible, mais il devrait éviter de jouer les indispensables et permettre à d’autres figures d’émerger. Gbagbo réalise-t-il qu’il est lui-même le problème ? Son divorce avec sa femme des moments difficiles, Simone Gbagbo, lui a fait perdre de la sympathie, de la considération, de bon nombre de militants.

A cela s’est ajouté sa bagarre pour reprendre le contrôle du FPI des mains de Pascal Affi N’Guessan et d’autres caciques qui se sont battu pour maintenir le parti à flot pendant sa longue absence du pays. Ces erreurs et bien d’autres devraient amener Gbagbo à se ranger, à jouer au rassembleur, au sage. On aurait compris sa ténacité à briguer la magistrature suprême s’il n’avait jamais occupé cette haute fonction, si c’est ce qui manquait à son curriculum vitae. Mais ce n’est pas le cas.

Son attitude est donc incompréhensible, dangereuse pour la cohésion, l’unité de son parti. Si jamais il ne parvenait pas à être éligible, s’effacera-t-il au profit d’une autre personne du parti ? Ou bien le parti sera-t-il tout simplement sans candidat ? Peut-être qu’il prépare un scénario à la sénégalaise avec le maintien de l’opposant Ousmane Sonko à la présidentielle de mars dernier malgré son inéligibilité pour enfin le remplacer au dernier moment par le n°2 du parti, Bassirou Diomaye Faye ? La politique étant le domaine de toutes les possibilités, il ne faut rien exclure.

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