Accueil A LA UNE Burkina : Assimi Kouanda est décédé ce mardi à Abidjan

Burkina : Assimi Kouanda est décédé ce mardi à Abidjan

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L’ancien directeur de cabinet du président Blaise Compaoré et ancien secrétaire exécutif du CDP, Assimi Kouanda, est décédé ce mardi 1er juin 2021 à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Selon des sources proches de la famille du défunt, il est décédé dans une clinique, rapporte la radio Oméga.

Assimi Kouanda tire sa révérence à l’âge de 65 ans dans la capitale ivoirienne où il y vit depuis sa fuite du Burkina Faso, lors de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014.

Assimi Kouanda est né le 31 décembre 1956. En 1981, il présente un mémoire de maîtrise à l’université de Ouagadougou sur « les conditions sociologiques et historiques de l’intégration des Yarse dans la société mossi de Ouagadougou ». C’est en France, au sein de l’université Paris I- Panthéon Sorbonne qu’il poursuivra ses études supérieures sanctionnées par un doctorat de troisième cycle. En 1984, il soutiendra sa thèse sur « les Yarse, fonction commerciale, religieuse et légitime culturelle dans le pays moaga (évolution historique) ». Son directeur de thèse est Jean Devisse qui animait alors un troisième cycle Histoire de l’Afrique. Son centre de recherches africaines était établi au cœur du quartier historique du Marais, à Paris, à quelques encablures du métro Saint-Paul. Devisse était une des personnalités majeures des études africaines à Paris, avec quelques autres professeurs dont Michel Alliot (la « vieille » génération) et Catherine Coquery-Vidrovitch (la nouvelle génération).

A cette époque, en 1985, avait été publié à Paris, par les éditions La Découverte, un livre que Kouanda considère comme la Bible sur les ethnies, le tribalisme et l’Etat en Afrique : « Au cœur de l’ethnie ». Ce livre avait été, à son époque, l’occasion de revisiter les travaux des ethnologues et des anthropologues. Il s’agissait, disait Jean-Loup Amselle (qui avait dirigé cette étude avec Elikia M’Bokolo), « de voir à quoi pourrait aboutir le dépassement de la problématique ethnique ». De ces textes, effectivement essentiels, et auxquels Kouanda a collaboré, il faut retenir que « le tribalisme est toujours le signe d’autre chose ». Kouanda a retenu la leçon, notamment lors de « la crise ivoiro-ivoirienne »** qui va marquer, durablement, le temps de sa collaboration avec le président du Faso. En Côte d’Ivoire, le passé, alors, venait de rattraper le présent et allait formater les années à venir. En historien, Kouanda allait apprécier, particulièrement, cette période dramatique mais riche d’enseignements. Or, l’enseignement, c’est sa « tasse de thé ».

Assimi Kouanda était en Haute-Volta quand la « Révolution » s’est emparée du pouvoir. Il n’a pas encore trente ans. Il va s’investir pleinement dans ce moment d’histoire particulièrement dense. Au lendemain de l’adoption (3 octobre 1983) du fameux « DOP », le Discours d’orientation politique qui va formater la vie quotidienne des instances dirigeantes de la « Révolution », Kouanda devient un des animateurs des inter-CDR, ces gardes rouges qui luttaient « contre la déviation, les analyses gauchisantes et tous les trafics de mentalité ». Des mots dans l’air du temps d’alors mais qui ont fait vibrer, pendant quelques années, une partie des « élites » burkinabè.

Enseignant à l’université de Ouagadougou dès 1984, Kouanda sera assistant au département histoire et archéologie et, en 1989, sera inscrit sur la liste d’aptitude aux fonctions de maître assistant avant d’être nommé chef du département histoire et archéologie, vice-doyen des affaires académiques de la faculté des langues, des arts, des sciences humaines et sociales de l’université de Ouagadougou. Dans le même temps, il s’investit dans l’action politique locale. Il sera maire de la commune de Nongr-Maasom, à Ouagadougou, de 1989 à 1991 ; par la suite, de 1995 à 2000, il sera conseiller municipal dans la capitale. Rien d’essentiel, cependant, politiquement.

C’est alors que cet éminent spécialiste des études arabo-musulmanes va être nommé ambassadeur à Rabat, au Maroc. Jusqu’au moment où il sera appelé à prendre la suite de Yéro Boly (les deux hommes sont des amis) à la direction du cabinet du Président du Faso, avec rang de ministre. Nous sommes le 5 mars 2004. Une page se tourne dans la vie du « prof ». Qui, cependant, continuera assidument d’enseigner, notamment l’histoire des religions. Et de s’occuper de ses chevaux, sa grande passion.

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