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Terrorisme et réseaux sociaux: Boukari Ouoba adresse “un droit de réponse” au Colonel Major Omer Bationo

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Boukari Ouoba, journaliste  au journal Mutations-Burkina sur sa page Facebook adresse un “droit de réponse” au ministre Colonel Major Omer Bationo suite au communiqué du MATDS sur le publications mensongères sur les FDS. Lisez plutôt !
” Je voulais parler de foot cette nuit et faire semblant d’ignorer la situation politico-sécuritaire. Mais après avoir vu un bipe du régime des Lieutenants colonels et je me dis que par respect pour eux, je me dois de faire ce DROIT DE RÉPONSE qui est même un devoir citoyen tout simplement.
Ceux qui ont eu l’idée, ceux qui ont conseillé, ceux qui ont proposé le contenu, ceux qui ont signé, ceux qui ont cautionné ce communiqué, tous ceux là qui ne savent pas ni comment ni pourquoi ils sont arrivés au pouvoir. On dit que celui qui ne sait pas d’où il vient ne sait pas où il va. Peut être aussi que celui qui ne sait pas comment il est arrivé ne saura pas comment il partira. C’est la jurisprudence MPP.
Il faut qu’on le comprenne une bonne fois pour toujours, un pays ne se gouverne pas par les intimidations, surtout pas ce Burkina Faso là. Ne regardez pas seulement l’histoire très récente de ce pays, regardez son parcours, d’où il vient. Au lendemain des indépendances, pendant que tous les pays presque (surtout en Afrique de l’Ouest francophone) ont dû faire avec les timoniers pères des indépendances, les Voltaïques ont été les premiers à sonner la révolte en réalisant la première insurrection populaire le 3 janvier 1966. Bref, l’heure n’est pas au cours d’histoire.
C’est vrai qu’on a tous vu ce dessin qui montrait une kalash au dessus des lois et du bloc de constitutionnalité. J’en ai ris comme beaucoup de nos compatriotes. Je crois que l’auteur n’a pas terminé son schéma. La kalach est au dessus de la constitution mais AU DESSUS DE LA KALACH IL Y A UN PEUPLE DÉÇU ET EN COLÈRE.
Au lieu de s’asseoir à Ouaga pour menacer les gens, ce qu’on vous demande c’est de libérer nos villages, c’est de restaurer l’intégrité territorial de ce pays conformément à l’engagement que vous avez LIBREMENT pris.
Notre problème ce n’est pas les réseaux sociaux, car voyez vous, il n’y a jamais eu (en tout cas pas encore) une attaque du Burkina Faso sur les réseaux sociaux. C’est du virtuel. La réalité c’est sur le terrain et donc notre problème, votre problème c’est le terrain. Si vous vous enflammez pour ce qui se passe sur les réseaux sociaux, c’est parce que vous êtes sur les réseaux sociaux. Si vous êtes sur les réseaux sociaux c’est que vous n’êtes pas sur le terrain. Qu’est ce qu’un militaire qui est au front cherche sur Facebook au risque de se faire “démoraliser”? Quittez les réseaux sociaux Monsieur les Colonels.
Le jour où vous réaliserez l’exploit que tout un peuple attend de vous, ce jour là vous comprendrez que les réseaux sociaux ne sont pas vos ennemis. Ceux qui vous critiquent et vous rapportent les tristes réalités de nos campagnes et villes de l’intérieur sont ceux là qui vous aiment. Ils prient et espèrent chaque jour que vous leur servez un motif de vous féliciter et de vous célébrer en héros du peuple. Mais en lieu et place des actes attendus, vous leur servez des fuites en avant, atermoiement et menaces gratuites.
Ces images de Nouna, précisément du village de Soin, montrant les populations en fuite vers la ville, aujourd’hui même, ne sont pas des montages. Regardez ces images (source: BurkinaWeb), ce matin elles m’ont fait écraser une larme en plus du témoignage que j’ai reçu d’un ami dans la localité qui m’a relaté ses mésaventures. Destruction d’un véhicule de transport en commun à l’IED, morts de 13 gendarmes, détresse à Djibo, détresse à Dori, détresse à Kompienga, détresse à Nouna, détresse partout mais depuis 48h, tout cela n’a pas mérité un seul bon communiqué de guerre, un message d’espoirs. C’est ce qui se dit sur les réseaux sociaux qui vaut un tel épanchement verbal!
On ne devrait pas avoir à rappeler à un militaire, un officier encore moins, son devoir, sa mission et sa responsabilité première. Arrêtez de nous décevoir et de vous auto ridiculiser. L’armée burkinabè vaut mieux que ça les gars. Il faut craindre le jour où nos mères et épouses viendront au camp pour vous demander de leur remettre vos pantalons et nos armes pour qu’elles aillent faire ce que vous n’avez pas pu faire depuis tant d’années.”
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